Yacht Class n°45 (juin-juillet-août 2026)

Goélette de la Marine nationale française, l’Étoile a fait escale en Principauté et a reçu la visite de S.A.S. le Prince Albert II.

Texte : Christophe Varène – Photos : Yacht Club de Monaco

Le 28 avril dernier, une unité remarquable – tout autant par ses dimensions impressionnantes, son âge vénérable et son équipage en uniforme – a fait une courte escale dans le port Hercule de Monaco, en s’amarrant devant le Yacht Club de Monaco (YCM). Cette fière goélette, baptisée Étoile, est l’un des voiliers-école de la Marine nationale française qui célèbre cette année ses 400 ans d’existence. Cette halte en Principauté marque aussi le fort lien de coopération qui existe entre la France et Monaco. À ce titre, le Prince Albert II a tenu à venir saluer en personne le lieutenant de vaisseau Victor Kaars Sijpeesteijn, qui commande le vaisseau et son équipage constitué d’élèves officiers, et lui a remis une tape de bouche du Yacht Club de Monaco, ainsi que les armoiries du club. Cette cérémonie s’est déroulée en présence de S.E. M. Jean d’Haussonville, Ambassadeur de France à Monaco, de M. Bernard d’Alessandri, Secrétaire et Directeur général du YCM, et de Mme Marie Tabarly, navigatrice et fille d’Éric Tabarly, lui-même ancien officier de la Marine nationale. Utilisée comme navire d’apprentissage pour les élèves officiers de Marine, la goélette Étoile fait partie d’une flotte qui comprend la Belle Poule, son sistership, le Mutin (dundee construit en 1926, sur le modèle des thoniers à voile, aux chantiers Florimond-Guignardeau, aux Sables-d’Olonne), la Grande Hermine (yawl aurique construit en 1931 au chantier Fidèle, à Marseille) et le Feu Follet (côtre pilote construit en 1987 au chantier Pemple Rochester, en Grande-Bretagne).

L’Étoile est une goélette à hunier construite à Fécamp en 1932 aux Chantiers navals de Normandie, sur les plans des architectes Chantelot et Lemaistre, inspirés par les goélettes de Paimpol qui partaient en Islande pour la pêche à la morue. Avec la Belle Poule, elle a servi, pendant la Deuxième Guerre mondiale, dans les Forces navales françaises libres, ce qui vaut à ces deux unités l’honneur d’arborer sur leur beaupré (sorte de bout-dehors) le pavillon tricolore frappé de la Croix de Lorraine. Elle peut embarquer de 15 à 25 élèves de l’École navale de Lanvéoc-Poulmic, dans la rade de Brest. Longue de 37,50 mètres hors-tout, pour un maître-bau de 7,40 m, elle porte 450 m2 de voilure pour un déplacement lège de 225 tonnes. Pour les spectateurs, petits et grands, que ce soit lors des grands rassemblements de voiliers, comme L’Armada à Rouen ou Les Fêtes maritimes de Brest, ou lors d’escales, comme ici en Principauté, le spectacle de ces voiliers d’autrefois et de leurs équipages en grande tenue demeure riche en émotions… et leurs laisse des étoiles plein les yeux.

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