Présentation
Yacht Class n°45 (juin-juillet-août 2026)
CRN – Ferretti Group
Le constructeur CRN, membre de Ferretti Group, s’est construit depuis plus de soixante ans une solide réputation dans la conception de yachts et de superyachts custom. Avec la présentation d’Amor à Vida, tout ce qui se fait de mieux dans l’univers de la grande plaisance est réuni sur une même unité. Une visite d’exception.
Texte : Christophe Varène – Photos : Maurizio Paradisi et Giorgio Baroni
Une fois n’est pas coutume, c’est au chantier d’Ancône, en Italie, que nous sommes conviés à visiter le dernier né du constructeur CRN, l’imposant et élégant Amor à Vida. Même amarré le long d’un quai, ce superyacht de plus de 67 mètres ne peut pas laisser indifférent. La collaboration entre le service ingénierie de CRN, la division superyacht du groupe Ferretti et l’agence de design Nuvolari Lenard a donné naissance à une silhouette fluide, caractérisée par une poupe à l’élancement et au tulipage discrets, ainsi que par une superposition pyramidale de ponts alternée de bandes blanches et noires, s’atténuant vers la poupe en courbes légères. Cela dessine une silhouette des plus réussies qui devrait s’affranchir du temps qui passe. Depuis 1963, CRN, acronyme de Costruzioni e Riparazioni Navali, produit des unités à nulles autres pareilles, représentatives du respect des demandes, besoins et exigences des propriétaires, ainsi que de la mise en œuvre d’un savoir-faire très haut de gamme.
Chaque détail est pris en compte
Le projet, démarré en 2022 sous le nom de code Maranello, a fait l’objet de plus de 27 réunions entre CRN, le propriétaire, son capitaine et les designers (emmenés par la directrice artistique de Nuvolari Lenard, Valentina Zannier), afin de répondre au mieux au cahier des charges : créer un superyacht élégant et contemporain, très ouvert sur la mer et le soleil, dans une ambiance apaisante et faisant appel aux dernières technologies. Chaque détail compte, comme les lits se levant pour faciliter le travail des hôtesses, le QR Code dans les chambres (pour commander lumière, climatisation, télévision, sol chauffant), les fermetures des fenêtres en cas de forte mer, les portes des dressings à carte pour l’ouverture et la fermeture. La découverte d’Amor à Vida va nous permettre de toucher du doigt cette quête de l’exceptionnel.
Une suite armateur époustouflante
Compte tenu des dimensions de ce superyacht et de ses six ponts, depuis le « nid d’aigle » jusqu’aux cales, il n’est pas ici question de faire un parcours traditionnel, mais plutôt de mettre en évidence ses atouts majeurs et de donner un coup de projecteur sur les éléments remarquables. Alors, ne tardons pas et rendons-nous en premier lieu dans la suite armateur, située au pont supérieur dont elle occupe environ la moitié de la partie couverte. On y pénètre par le bureau dont tout le mobilier, comme partout à bord, est fait sur mesure en privilégiant les formes douces et arrondies, et en faisant appel à des matériaux de qualité : le bureau mélange résine, métal et nubuck, tandis qu’une console allie bois et bronze. Nous découvrons ensuite l’espace de couchage. Que dire d’autre que « époustouflant » : vitrée sur trois côtés, la vue y est panoramique, ; le lit, sur mesure et en deux matelas, est inondé de lumière par le plafond en partie transparent (occultable bien sûr) ; les finitions sont remarquables, que ce soit dans la menuiserie en sycomore ou les tissus. La salle de bain attenante, avec parois en marbre rainuré, possède une baignoire avec vue sur mer. Comme l’ensemble de ce pont est dévolu aux propriétaires, nous y trouvons aussi un grand salon familial : deux banquettes, deux fauteuils et des sièges d’appoint encadrent deux tables basses.
Une timonerie comme une œuvre d’art
Toujours à ce niveau, vers la poupe, un salon en rond se fait très convivial, y compris le soir grâce à deux braséros. À proximité, une table en teck et incrustations de marbre peut accueillir jusqu’à seize convives. Enfin, vers la proue, un troisième salon conserve davantage d’intimité. Dirigeons-nous vers le lobby qui constitue la colonne vertébrale d’Amor à Vida : autour d’un ascenseur rond qui dessert les quatre principaux niveaux, un escalier circulaire a été pensé comme un élément de décoration, ainsi que les sols – mélange de bois et de métal, ils évoquent une rose des vents et sont en parfaite continuation avec le plancher de la cabine d’ascenseur – et les rambardes de verre gravées de soleils. Sans plus tarder, grimpons au bridge deck où se trouve la timonerie : très bien dotée en électronique, mais dépourvue de barre, remplacée par un joystick, elle a fait l’objet d’une grande attention côté décoration. Le plafond et la cloison sont couverts d’un cuir imprimé d’une carte ancienne représentant une zone de navigation chère au propriétaire, en l’occurrence la pointe de l’Amérique du Sud et le cap Horn. De là, le capitaine peut rejoindre son bureau sur tribord ou sa vaste cabine sur bâbord. À l’arrière de ce pont, les passagers apprécieront un espace détente qui rassemble un bar et ses tabourets hauts, un salon et un jacuzzi. Achevons notre ascension en jetant un coup d’œil au « nid d’aigle » : une salle abrite des équipements techniques, comme le radar, mais il faut surtout apprécier le point de vue. Le bain de soleil et les trois fauteuils peuvent également être réquisitionnés pour une séance de cinéma en plein air à la nuit tombée.
Esprit marin et intimité
De retour au pont principal, l’émerveillement ne fait que continuer. Les espaces sont bien entendu généreux et la liaison entre intérieur et extérieur des plus ténues. Dominant la poupe, un espace détente s’organise autour d’une piscine ornée d’une mosaïque bleu plume de paon, une teinte que l’on retrouve dans de nombreux éléments de décoration tels que tableaux, tapis et coussins. Pour une ambiance plus cosy, le salon interne, adapté pour du home cinéma, jouxte une table pour douze personnes. L’esprit marin se retrouve dans l’utilisation de cordage autour de la table, du bar et de rangements. La cabine VIP, vers l’avant, est si spacieuse qu’elle peut, si nécessaire, se diviser en deux belles doubles. Au centre, la cuisine ne manquera pas de séduire les chefs les plus exigeants. Il faut noter que l’équipage utilise des escaliers dédiés pour le service en protégeant l’intimité des invités. Vers l’étrave, un vaste garage, avec une ouverture sur chaque bord, peut engloutir deux tenders (un de type limo de 8,50 m et un second de 6,20 m), deux jetskis et d’innombrables jouets aquatiques.
Une véritable salle de remise en forme
Le pont inférieur se divise en quatre parties de tailles environ équivalentes. À l’étrave, l’équipage, fort de dix-sept membres, dispose d’un vaste quartier comprenant cabines, salles d’eau et mess. Au centre, dernier niveau atteint par l’ascenseur et son escalier rond, quatre cabines double se partagent l’espace, chacune étant reconnaissable par une couleur dominante (rouge, orange, bleu et jaune). Vient ensuite la salle des machines et le temps de nous intéresser aux performances : la propulsion hybride, alliant deux moteurs diesels MTU de 2 012 ch chacun et deux moteurs électriques Siemens de 200 kW chacun, permet à Amor à Vida d’atteindre 16 nœuds en pointe, mais surtout d’afficher une autonomie de 5 200 milles à 12 nœuds. Des études poussées ont abouti à une absence de bruit et de vibration, tandis qu’un ingénieux système de récupération d’eau chaude permet d’alimenter les piscines. Le dernier secteur de ce pont concerne le beach-club, une appellation presque réductrice tant cet espace offre d’activités diverses. Largement ouverte sur la mer, grâce à sa porte arrière qui s’escamote sous la plateforme et à ses deux terrasses latérales, et claire avec son puits de lumière, c’est une véritable salle de remise en forme que nous découvrons : sauna, hammam, massage, équipements sportifs, rien ne manque, y compris les transats pour se détendre après l’effort.
Stockage et lave-linges à profusion
Pour terminer, descendons au dernier pont, en-dessous du niveau de la mer. Si la majeure partie du volume est occupée par les réservoirs et des éléments techniques (stabilisateurs, batteries…), sous le quartier équipage sont installés de vastes espaces de stockage (froid, congélateur, déchets…) et une imposante buanderie avec une douzaine de lave-linge pour l’intendance. Terminons cette visite d’Amor à Vida, trop courte vu les trésors d’ingéniosité et de savoir-faire utilisés. Le talent des artisans et le choix des matériaux (teck de Java, sycomore, nubuck, marbre Taj Mahal…) ont fait le reste : une unité hors du commun pour « l’amour de la vie ».

Fiche technique













