Présentation
Yacht Class n°45 (juin-juillet-août 2026)
Catana Group
Le Bali 5.2 reprend les fondamentaux de la marque en intégrant une réserve énergétique renforcée et une habitabilité toujours aussi généreuse. Un multicoque qui vise l’autonomie sans perdre de vue la simplicité en navigation.
Texte : Nicolas Massines – Photos : DR
C’est à Port Pin Rolland, situé sur la presqu’île de Saint-Mandrier-sur-Mer, dans le Var, que nous attend amarré à son ponton le nouvel opus du groupe Catana : le Bali 5.2. Ce multicoque de quasiment seize mètres de long (15,90 m) a pour but de remplacer le 5.4 de 2018 et le 4.8 de 2020, totalisant à eux deux plus de 600 exemplaires vendus, comme nous l’avait précisé Boris Compagnon, directeur marketing et commercial du groupe. « Le 5.2 harmonise en quelque sorte la gamme, en gardant un programme équilibré entre le charter et l’usage privé grâce à des versions de configuration allant de quatre à six cabines. Nous sommes partis du Bali 5.8 et avons travaillé avec le cabinet de design Piaton Bercaut pour rehausser le design, poursuit Boris installé dans le grand cockpit intérieur. Le postulat de départ était clair : construire une unité offrant plus de batteries, de panneaux solaires, d’eau et de combustible, avec un silence accru, tout en conservant l’ADN Bali ».
Un concept toujours aussi ouvert sur l’extérieur
Et il n’est pas peu dire qu’à bord, la touche Bali est bien présente avec tous les marqueurs qui ont fait son succès. Toujours une immense porte oscillo-basculante ouvrant sur la poupe et sa grande plateforme hydraulique pouvant supporter une annexe jusqu’à 4,70 m de long et un hors-bord de 70 ch, une autre porte située en avant du carré pour une aération et une circulation optimale, une cuisine en U en corian blanc placée sur bâbord, et une belle table à cartes sur tribord au niveau de la descente avant. La table du carré peut accueillir jusqu’à douze personnes et justifie la présence d’un grand groupe de froid pour de longs séjours. Nous sommes sur une unité configurée en version quatre cabines, dont trois sont agencées sur tribord, le flotteur bâbord étant réservé à l’armateur qui dispose d’un deuxième accès depuis le cockpit arrière, d’un lit placé perpendiculairement à la marche, d’un dressing et d’une grande salle d’eau occupant toute la partie avant. La cabine arrière tribord bénéficie, elle aussi, de cet accès séparé, toujours très apprécié en croisière. La circulation, on le sent dès les premiers pas à bord, est une priorité du chantier qui a pris soin de dégager les larges passavants afin de pouvoir se déplacer de manière confortable et sûre. La proue, toujours entièrement pontée, dispose d’assez de places assises ou couchées pour accueillir tous les passagers du bord. Cet espace, bien sécurisé par des filières de bonne hauteur, dispose de grands coffres pour laisser le pont propre une fois les amarres larguées et les pare-battages retirés. En revenant vers le maître-bau, nous montons au flybridge via l’un des deux escaliers légèrement hélicoïdaux et découvrons un roof et la partie supérieure de la casquette du cockpit constellés de panneaux solaires pour produire pas moins de 4 200 Wc d’énergie : cette puissance couplée à un système électrique de 48 volts et des batteries au lithium permet de se passer de groupe électrogène. Le flybridge est surtout un point névralgique du Bali 5.2, grâce à son grand espace social modulable et son poste de barre centralisé en pied de mât. La hauteur de la bôme nécessite une préparation minutieuse en amont, lors de la prise de ris par exemple, le cheminement jusqu’à l’extrémité du flybridge pouvant se révéler délicat en navigation.
En navigation, un équilibre s’installe entre le confort et la performance
Ce qui ne sera pas nécessaire lors de cet essai car le vent ne dépasse pas les 15 nœuds. Côté gréement, s’il est possible de choisir un foc auto-vireur, l’unité de l’essai dispose d’un génois à recouvrement et d’une grand-voile à corne Elvström. En attendant peut-être une future motorisation hybride électrique, les deux moteurs Nanni de 80 ch nous permettent de quitter le port à la vitesse réglementaire de 3 nœuds pour 1 000 tr/mn. Une fois sorti, avec le vent de face et un régime augmenté à 2 200 tours, le Bali 5.2 trouve son rythme de croisière à 9 nœuds, ce qui constitue un relevé positif. Le winch électrique du flybridge permet de hisser la grand-voile sans effort et de dérouler le génois tribord amure. Les 15 nœuds de vent réel à 40 degrés du vent apparent nous font pointer la vitesse fond à 6,2 nœuds. Le plan d’eau est assez calme pour tirer des bords et enchaîner les virements sans trop de perte de vitesse. Si la barre n’a pas la vivacité de celle d’un bateau de régate – à chacun son programme -, elle permet cependant de suivre correctement les rafales et le Bali 5.2 se montre docile et prévisible lors des changements de cap. Le vent faiblit légèrement à 12 nœuds et, au travers, la vitesse fond se stabilise à 7 nœuds. Le génois est enroulé quelques minutes plus tard pour permettre au Code 0 d’entrer en action, faisant s’élever la vitesse à 9,5 nœuds à 100 degrés du vent réel. La rigidité structurelle de l’ensemble ne produit pas de bruits parasites, aucun craquement et aucune résonance intempestive ne sont entendus, confirmant la qualité d’ensemble de la construction. Une vision spectaculaire et peu fréquente dans le monde maritime nous force à respecter les règles du RIPAM (Règlement International de Prévention des Abordages en Mer) et à écourter notre essai, suite à l’apparition du porte-avions Charles De Gaulle fortement escorté. La grand-voile est affalée et le Code 0 enroulé avec beaucoup de simplicité, afin de rejoindre le port et notre ponton. Ce qui nous permet de tester au passage, l’efficacité du propulseur d’étrave, en positionnant au centimètre près les presque 20 tonnes du Bali 5.2 dans une facilité très encourageante, particulièrement en équipage réduit. Pour conclure cette navigation, on retient la versatilité du Bali 5.2 qui saura satisfaire les propriétaires privés désireux d’acheter un bateau qui leur ressemble grâce à des options pertinentes, un aménagement intérieur léché et des espaces de vie à bord de qualité. Mais il se destine également aux armateurs de charter, par ses multiples possibilités de configuration, son autonomie énergétique et sa prise en main rapide.

Fiche technique













