Présentation
Yacht Class n°44 (mars-avril-mai 2026)
Fontaine Pajot
Silhouette racée, volumes hors normes et carène optimisée composent le nouvel opus de Fountaine Pajot capable d’enchaîner les milles dans un confort absolu. Essai à Beaulieu-sur-Mer d’un powercat d’exception.
Texte : Nicolas Massines – Photos : Nicolas Massines et DR
ingt-quatre mètres de long, onze mètres de large pour quatre cents mètres carrés de surface. Les chiffres font tourner les têtes. Si les dimensions sont vertigineuses, le dessin de coque est lui assez fin. Bien sûr, on reconnaît très facilement la silhouette du Thira 80 se profiler sous ce catamaran à moteur, car le Power 80 est une version similaire, démâtée et délestée de son accastillage, du navire amiral à voile de Fountaine Pajot. Cette sensation de puissance est dominante lorsque l’on s’approche en tender de cette unité ancrée face au port de Beaulieu-sur-Mer. Tonture inversée, étraves droites, hauteur contenue, panneaux latéraux fins et fluides… C’est une unité de caractère, aucun doute là-dessus. Aussi bien destinée au marché du charter qu’à celui du propriétaire, son cahier des charges spécifie une vocation transatlantique, ce qui se traduit par une conception optimisée de la vie à bord. Celle-ci s’annonce faste dès le pied posé sur la très vaste plage arrière, pouvant mettre à l’eau une annexe jusqu’à 5,5 m de longueur. La sensation d’espace à bord s’impose après avoir gravi la volée de marches pour accéder au cockpit arrière : les banquettes sont nombreuses, qu’elles soient abritées du soleil par la casquette du flybridge ou proches des zones de baignade, les deux tables volumineuses et l’ombrage savamment dosé via des ouvertures transparentes dans les panneaux solaires.
La qualité est partout où le regard se pose
On apprécie la recherche poussée de l’ergonomie visuelle et fonctionnelle des zones de détente. Les pavois dépliables renforcent encore, s’il le fallait, cette sensation d’ampleur. Le plan de pont connecte les espaces avec beaucoup de fluidité pour se rendre à l’intérieur. Le design est signé Isabelle Racoupeau, avec un résultat plus que probant. Un exercice de style parfaitement maîtrisé offrant aux propriétaires un choix très vaste de personnalisation : trois couleurs de plancher, autant de menuiseries, quatre pour les cuirs et jusqu’à vingt-deux pour les selleries. Sans parler du choix du nombre de cabines pouvant grimper jusqu’à six. Dans le carré, une zone pour se restaurer est située sur tribord, un lounge est placé plus en avant sur bâbord et un poste de barre permet de contrôler la navigation en disposant d’un confort absolu. Vision panoramique, lumière via des panneaux ajourés, boiseries en Alpi, sol stratifié, cuir vegan (une alternative au cuir animal) pour les revêtements des meubles et des portes sont des atouts de poids. Les détails et les finitions sont très travaillés. Une porte mène à l’étrave entièrement pontée où les grands solariums, le jacuzzi et les larges surfaces en teck synthétique vous propulsent dans un univers aussi intimiste que luxueux. Dans cette version à trois cabines, la descente sur tribord emmène à la master dotée d’un bureau, d’un grand cabinet de toilette avec jacuzzi, d’un dressing et d’un lit placé perpendiculairement à la marche afin de disposer d’une vue directe sur la mer. À l’arrière bâbord est disposée une VIP avec sa salle de bain équipée d’un ciel de pluie, tandis que l’avant est occupé par deux cabines invités de volumes similaires. L’arrière de cette coque est occupé par le quartier équipage et la cuisine. De retour sur le pont principal, on apprécie, au niveau des passavants, les ouvertures transparentes situées dans les pavois. La qualité est partout où le regard se pose. Un escalier massif et sécurisé conduit au flybridge où jusqu’à douze personnes pourront profiter d’une vue imprenable sur l’environnement, d’un coin cuisine ou encore suivre la navigation via un poste de barre aussi technique que confortable. Assises capitonnées signées Besenzoni, écrans Garmin de 24 pouces, propulseurs d’étrave, rigging Volvo, caméras de contrôle… tout y est.
Une navigabilité hauturière poussée
Loin de pâtir de ses mensurations hors normes, ce catamaran de 80 pieds se déhale avec facilité de son mouillage et prend la direction du large à la vitesse de 5,5 nœuds avec une autonomie théorique de 2 780 milles. La capacité transatlantique (îles Canaries – Arc antillais) est validée grâce à la consommation contenue de 5,5 l/h. C’est dans ce souci de navigabilité hauturière poussée, que le FP Power 80 propose en option une motorisation Volvo D13 allant jusqu’à 2 x 900 chevaux en ligne d’arbre, alors que la version standard culmine à 2 x 480 chevaux. La puissance maximale, disponible pour cet essai, est prédominante dans les choix des armateurs puisque la coque a été spécialement travaillée pour cette motorisation : dans la partie immergée, les flux d’eau sont guidés vers le bas à la manière d’un flap, pour aider le bateau à rester dans ses lignes. Un constat confirmé lors de la montée en régime moteur. À 12 nœuds, la stabilité de l’unité n’est pas prise en défaut malgré une mer agitée et une houle résiduelle croisée. Le confort est total, que ce soit sur le pont ou à l’intérieur qui jouit d’une insonorisation de premier ordre dans les espaces de vie. Le plaisir de barrer un multicoque de cette dimension depuis le pont supérieur représente une expérience à part, tant l’ergonomie de la console distille de plaisir et ce, jusqu’à atteindre la vitesse maximale relevée ce jour à un peu plus de 21 nœuds. Pour conclure cet essai probant, il apparaît clairement que si la vocation transatlantique du FP 80 Power est largement mise en avant par le chantier rochelais, sa capacité à livrer un bateau d’exception par sa conception est pleinement démontrée et ce quelle que soit la distance à parcourir.

Fiche technique













