Yacht Class n°23 (dec 2020/jan-fev 2021)

A bord du maxi-catamaran Amaala Explorer (ex-Club-Med), l’explorateur Yvan Griboval a effectué courant octobre une expédition à la recherche des contaminants de Méditerranée. Une boucle de quinze jours qui l’a mené de la Principauté à Porto Cervo, Barcelone et La Seyne-sur-Mer.


Par Aurore Teodoro – Photos : OceanoScientific et Claudia Albuquerque.


Il devait appareiller le 26 mars dernier, lors de la Monaco Ocean Week. Mais comme pour beaucoup d’événements, la Covid-19 est passée par là et c’est finalement en octobre qu’Yvan Griboval a pu enfin prendre le départ de son Expédition OceanoScientific Contaminants Méditerranée 2020. Et ce, en présence du « Prince Souverain qui nous a largué les amarres, comme à chaque fois que je pars en expédition, ce qui est très bienveillant envers nos expéditions scientifiques » précise le navigateur. Au programme de cette boucle de quinze jours en Méditerranée : collecter neuf échantillons et déposer des capteurs passifs sur des bouées situées dans les embouchures des fleuves Tibre (Italie), Ebre (Espagne) et Rhône (France). La digue du Port Hercule franchie, Yvan Griboval et son équipage ont d’ailleurs directement mis le cap sur le fleuve italien. « Mais, à notre arrivée, en pleine nuit, il y avait vraiment une houle résiduelle importante. J’ai tenté d’aller jusqu’à la bouée, mais les conditions n’étaient pas requises pour qu’on puisse installer quoi que ce soit », souligne Yvan, qui a dû abandonner son objectif et remettre les voiles pour Porto Cervo (Sardaigne), où il était attendu pour une importante conférence commune avec la One Ocean Foundation du Yacht Club Costa Smeralda. Puis, cap sur Barcelone, où l’équipe était reçue par la championne olympique Theresa Zabell, présidente de la fondation Ecomar. « Elle avait organisé pendant trois jours un certain nombre d’événements, principalement à destination des jeunes, qui sont aussi la cible prioritaire de l’association OceanoScientific. Et on peut dire qu’on a fait carton plein ! » annonce l’explorateur, qui a dû cependant écourter son escale catalane pour échapper au mauvais temps arrivant dans le Golfe du Lion.


Pour ces missions, le catamaran est le bateau idéal
Direction donc La Seyne-sur-Mer, dernière étape avant le retour en Principauté. Un rendez-vous important puisque l’équipage a remis aux scientifiques de l’Ifremer, son partenaire scientifique, les différents échantillons collectés. Quant à l’installation des balises, le navigateur ne s’avoue pas vaincu. « A partir du moment où on n’a pas pu le faire dans le Tibre, cela ne servait à rien de le faire ailleurs. L’intérêt était de collecter les données aux trois embouchures en même temps. Mais ça on le fera, à la fin du printemps ou au début de l’été quand les conditions seront bonnes », promet Yvan Griboval qui a par ailleurs tiré un certain nombre d’enseignements de cette campagne. « Ce fut l’occasion de naviguer sur un catamaran, une première pour moi. Le maxi Amaala Explorer est trop grand pour nous, mais il est évident que le catamaran est vraiment le bateau idéal pour ce qu’on veut faire. Le but était aussi de constituer une petite équipe. C’était l’occasion de naviguer pour la première fois avec Linn Sekund, notre biologiste marine embarquée, et avec d’autres personnes. Nos prochaines expéditions seront bien plus conséquentes. Tout cela se prépare progressivement et chaque navigation permet de valider ou non les solutions envisagées », souligne Yvan Griboval, avant d’annoncer : « Je suis aussi revenu en ayant abandonné l’idée de faire le tour de l’Antarctique pendant l’hiver austral. C’est un projet trop personnel, égoïste. Aujourd’hui l’important, c’est d’aller aider les scientifiques à trouver des solutions dans l’océan pour le bien-être de l’humanité. » Prochaine expédition envisagée : la Mer Rouge, où est implanté Amaala, le partenaire d’OceanoScientific. Le navigateur ambitionne de partir de la Principauté lors de la Monaco Ocean Week 2021 avec deux objectifs : prélever des coraux endémiques pour les sauvegarder en les envoyant dans des aquariums et rapporter de petits échantillons pour qu’ils soient analysés par le Centre Scientifique de Monaco (CSM). « Tout cela s’inscrit dans un grand projet, mené par le CSM et l’Institut Océanographique, à l’initiative de Didier Zoccola, d’un conservatoire mondial du corail », conclut Yvan Griboval.

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