Yacht Class n°17 (juin-juillet-août 2019)

Yacht Club de Monaco

A l’occasion de la 3e Monaco Ocean Week qui s’est déroulée du 24 au 30 mars 2019, le Yacht Club de Monaco a tenu son traditionnel Symposium Environnemental – La Belle Classe Superyachts. Cette 9e édition, avec un tout nouveau format, a tenu toutes ses promesses.

Par Aurore Teodoro – Photos : Mesi / Yacht Club de Monaco et DR

La prise de conscience du Yacht Club de Monaco sur la question environnementale ne date pas d’hier. Et depuis 2011, la prestigieuse institution monégasque organise chaque année un dîner-débat, qui réunit armateurs et représentants de l’industrie de la grande plaisance. L’occasion de faire le point sur les différentes initiatives menées en faveur de l’environnement mais aussi de présenter les dernières avancées technologiques destinées à rendre le secteur plus vertueux. « Le Y.C.M. est un des représentants de la principauté, qui a toujours voulue être un pionnier en matière d’innovation. Il suit également les traces de notre Souverain qui s’est engagé dans ce domaine-là. On contribue dans le secteur qui est le nôtre, le yachting », rappelle Bernard d’Alessandri, le Secrétaire Général du Y.C.M. Cette année, pour la 9e édition, le Yacht Club a joué la carte de la nouveauté, en proposant non plus un dîner-débat mais une journée complète de conférence sur le thème du « Yachting, Laboratoire du futur, vecteur de préservation de l’Océan ». Avec, au programme, quatre grands sujets et vingt-quatre intervenants. Ingénieurs, scientifiques, membres de la société civile ou des autorités publiques ont ainsi échangé sur « les nouvelles destinations » ; « les mouillages durables » ; « la maintenance courante au port et en navigation » et « les nouvelles énergies de propulsion ». « Le choix des thèmes a été assez simple à faire, car les quatre sujets retenus sont ceux qui font le quotidien du yachting sur la côte méditerranéenne franco-italienne où la fréquentation des superyachts dépasse les capacités portuaires », explique Yvan Griboval, l’explorateur membre du Y.C.M., missionné par Bernard d’Alessandri, « pour aider les équipes de l’institution monégasque à mettre en œuvre cette grande journée ». Cette nouvelle formule a rencontré un véritable succès, puisque ce Symposium Environnemental a attiré au total environ 200 spectateurs. « Les gens ont échangé, durant les présentations et entre chacune d’entre elles. Ce sont des personnes et des mondes qui se côtoient peu. On va sûrement le reproduire l’année prochaine », annonce Bernard d’Alessandri qui tire un bilan positif de cette journée. « Je considère que la phase d’observation est terminée, aujourd’hui, on entre dans une ère où des solutions sont proposées. Et la démarche est intéressante. C’est un travail de fourmi. Il n’y aura pas de grandes révolutions, on ne va pas arrêter de consommer au quotidien ou avec nos yachts. On voit qu’il y a de nombreuses solutions – comme notamment l’hydrogène, qui aujourd’hui est quelque chose de concret et sûrement une des solutions de l’avenir. Toutes les évolutions seront liées à un raisonnement économique », souligne le Secrétaire Général, lucide.

La Belle Classe Explorer Awards, première !
Autre nouveauté, et non des moindres, les tout premiers Y.C.M. La Belle Classe Explorer Awards. Cette remise de récompense, aux allures de soirée de gala, s’est tenue en prélude du dîner des armateurs qui, lui, a réuni 170 personnes, dont une soixantaine de propriétaires de yachts. Si quatre récompenses étaient initialement prévues, ce sont finalement cinq Awards qui ont été remis par le Prince Albert II. Le jury, présidé par Mike Horn et regroupant notamment des architectes navals, explorateurs, scientifiques, membres de la société civile, ayant décidé au dernier moment d’attribuer un Prix Spécial du Jury. Et cet honneur spécial est revenu à Polar Front (Latitude Blanche), le tout dernier navire météorologique au monde, transformé il y a trois ans par Yann Le Bellec et Sophie Galvagnon, officiers de Marine marchande, en yacht d’expédition polaire aux engagements environnementaux forts. Au final, quatre yachts et un voilier d’expédition furent donc récompensés parmi les 79 superyachts pré-identifiés. Parmi eux également, le voilier Tara, connu pour ses nombreuses expéditions scientifiques et de sensibilisation à travers le monde. « C’est une reconnaissance, c’est toujours très important pour les gens qui portent ce projet, dont je fais partie, mais aussi pour les partenaires. Pour moi, cela représente quelque chose de spécial, car le Prince de Monaco est l’un de nos plus fidèles soutiens depuis douze ans maintenant, et il nous suit aussi sur les projets fous que nous avons pour le futur. Être aujourd’hui le Coup de Coeur du jury de ce premier Awards est un symbole », souligne Romain Troublé, le Directeur Général de la Fondation Tara Expéditions, pour qui ce genre d’événements peut « montrer l’exemple pour d’autres propriétaires qui peuvent se dire : tiens, moi aussi j’ai envie de faire quelque chose de bien et que finalement ce que font ces gens-là a du sens. Je crois que ce monde a besoin de sens et tout ce qui peut contribuer à en amener compte ».


Les Lauréats

Technologie / Innovation
M/Y Bravo Eugenia (109 m)

Médiation / Sciences
M/Y Alucia (56 m)

Aventure / Ethique / Environnement 
M/Y E&E (42 m)

Prix spécial du jury 
M/Y Polar Front (55 m)

Coup de coeur du jury 
S/Y Tara (36 m)

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