YACHT CLASS N°31 (DÉCEMBRE 2022 / JANVIER-FÉVRIER 2023)

Yacht Club Punta del Este (YCPE)

Le Bateau Punta del Este, deuxième de La Clipper Round the World

Interrompue pour cause de pandémie, la Clipper Round the World a pu reprendre la mer en mars dernier, depuis les Philippines, avant de s’achever à Londres fin juillet dernier, sous les yeux notamment du Commodore du YCPE, Juan Etcheverrito. Cet exigeant tour du monde par étapes réservé aux amateurs a ainsi mis aux prises onze bateaux qui ont effectué six traversées océaniques et parcouru plus de 40 000 miles, en affrontant souvent des conditions de navigation extrêmes. Parmi eux, le bateau « Punta del Este » qui a vu à son bord plusieurs membres du club : Sofía Strasser, Alejandra Alvira, Darío Rodriguez, Gustavo Musante, Jerónimo Lestido et Nano Antía comme AQP (personne qualifiée supplémentaire) pour le tour complet. L’équipage était dirigé par le premier skipper espagnol à participer à la Clipper Race, le marin expérimenté Jerónimo Santos González. Monté sur le podium à 6 reprises, le bateau uruguayen a terminé avec 135 points au total, s’assurant ainsi la deuxième place après le champion chinois Qingdao (145 points). Il s’illustre aussi pour avoir gagné plus de points « Ocean Sprint » que n’importe quel autre concurent (22  points). Ce sprint océanique est un défi supplémentaire de cette compétition, une course contre la montre sur un parcours entre deux lignes de latitude ou de longitude désignées qui attribue des points aux trois équipes les plus rapides.

© Imagecomms

Un bel été à venir  

L’été arrive du côté de l’Hémisphère sud et, avec lui, la saison des régates. En janvier, le YCPE, en collaboration avec le Yacht Club Argentino, accueillera à nouveau le plus important événement de voile d’Amérique du Sud, la Rolex South Atlantic Circuit. Une flotte de plus de 120 yachts venus de ce continent, des États-Unis, mais aussi d’Europe est ainsi attendue pour cet événement. Après une course d’environ 300 milles nautiques entre Buenos Aires (Argentine) et Punta del Este (Uruguay) pour les classes ORC et IRC, l’action se poursuivra dans les eaux territoriales de la baie de Maldonado, au large du club. Alors que ces bateaux navigueront sur des distances courtes de 20 milles sur des parcours banane, la flotte massive de J70, Match 30 et Soto 33 participera à huit courses. A noter que le club accueillera également bon nombre d’activités sociales durant la compétition. Puis, immédiatement après la Rolex South Atlantic Circuit, le YCPE organisera sa traditionnelle Classic Boats Week, avec des courses côtières de moyenne distance, permettant à tous d’admirer le spectacle depuis les rives. A noter que parmi ces superbes bateaux, dont certains sont plus que centenaires, on retrouvera notamment des plans de Germán Frers, les anciens yachts Commodores ainsi qu’un superbe bateau, un Class signé Herreshoff, le seul en Amérique du Sud. Un beau spectacle en perspective.

© Matias Capizzano

Real Club Nautico de Barcelona (RCNB)

Là où tout a commencé

Tout un symbole ! Dix ans après sa création, le circuit des 52 Super Series a célébré son anniversaire en retournant à l’endroit même où il avait été inauguré en mai 2012. C’est donc au RCNB, fin octobre, que s’est déroulée la cinquième et dernière étape de la saison 2022.  Durant cinq jours, dix bateaux ont livré une bataille finale palpitante pour le titre, qui a vu l’équipe américaine Quantum Racing l’emporter, et devenir par la même la championne 2022 du circuit. Notons qu’avec cinq titres au total et quatre couronnes mondiales, cet équipage a confirmé son statut d’équipe la plus performante en dix ans d’histoire du circuit.

© Nico Martinez

Iate Clube do Rio de Janeiro (ICRJ)

Double victoire de l’ICRJ lors du Championnat sud-américain d’Optimist 

Le Brésil a bien tiré son épingle du jeu lors du Championnat sud-américain 2022 d’Optimist, organisé par le ICRJ, qui a réuni en octobre dernier pas moins de 165 marins venus de 14 pays. Et le club peut être fier puisque deux de ses jeunes pousses, Arthur Back et sa cousine Joana Freitas, sont montés sur les plus hautes marches du podium. Durant les dix courses de cette compétition, le jeune Arthur, 12 ans, a fait preuve d’une belle régularité et d’équilibre émotionnel. Il a ainsi su reconnaître ses erreurs lors de l’avant-dernier jour de la compétition et, dans les deux dernières courses décisives, il a montré l’assurance nécessaire pour aller chercher la victoire. D’un an son aînée, sa cousine, déjà médaillée de bronze aux Championnats du monde de la classe qui se sont déroulés en Turquie en juin dernier, continue sa brillante saison 2022. Elle s’octroie donc le titre de vice-championne d’Amérique du Sud et du Brésil au classement général, mais également celui de championne d’Amérique du Sud et du Brésil chez les féminines.


© Sail Station International Optimist Dinghy Association

Société Nautique de Genève (SNG)

La SNG organise sa régate en mer à Monaco

C’est une tradition à la Société Nautique de Genève mais aussi une obligation pour tous les clubs désireux de participer à l’America’s Cup: organiser une régate annuelle en mer. Cette année, c’est dans le cadre enchanteur de son club jumelé, le Yacht Club de Monaco, que la SNG a tenu ce rendez-vous du 28 au 30 octobre. Disputée dans des conditions typiquement lémaniques, avec un soleil radieux et un vent léger, la régate réunissait deux classes de voiliers: les Smeralda 888 et les J70, avec respectivement onze et trois unités.
Charles de Bourbon-Siciles, du Yacht Club de Monaco, n’a laissé aucune chance à ses adversaires helvétiques, remportant les trois manches courues dans la catégorie des Smeralda. Meilleur équipage de la SNG, le voilier Luigi A, skippé par Mathieu Fischer, s’est classé sixième. En J70, c’est Benoît Lagneux, de la SNG, qui s’est imposé avec trois victoires de manches face à deux adversaires du YCM. « La régate en mer est validée », se réjouit Vincent Boaron, qui officiait en tant que membre du Comité. « L’an prochain, nous souhaitons revenir à Monaco et nous ferons en sorte d’augmenter le nombre de J70. C’est une belle opportunité pour les jeunes membres du club. »

© Mesi / YCM

Élégance et tradition à l’International 8 Metre Class World Cup

Fin juillet, au lendemain de la Semaine du Jubilé qui célébrait son 150e anniversaire, la SNG était de nouveau sur le pont pour la Coupe du Monde des 8 M JI. Au total, vingt-quatre bateaux, représentant huit nations et répartis en quatre catégories (la principale, qui comprend tous les voiliers, First Rule, Neptune et Sira) étaient ainsi réunis pour une semaine de compétition dans des conditions exceptionnelles, avec un joli Séchard – le vent thermique local – établi entre 5 et 10 nœuds. Jean Fabre, de la SNG, a été le grand dominateur de cette semaine exceptionnelle à bord de son splendide Yquem II, en s’offrant le luxe de remporter toutes les manches. Mais le classement brut masque l’intensité des débats et son équipage a fait preuve d’un grand talent pour devancer l’équipage allemand de Eckhard Kaller (Starling Burgess) et Werner Deuring (Pandora). Parmi les piliers de la SNG, on notera la belle troisième place de Jean-Luc Lévêque à bord du Carron II d’Angelo Mazzarella, ainsi que la sixième place d’Axel Meyer sur Catina VI dans la catégorie Neptune. Christian Wahl s’est, quant à lui, classé 18e à bord de Glana, le voilier détenteur du plus grand nombre de victoires au fameux Bol d’Or : huit entre 1949 et 1969. Devenu depuis le Bol d’Or Mirabaud, il s’agit de la principale régate organisée par la SNG, le deuxième week-end de chaque mois de juin.

© James Robinson Taylor

Clube Naval de Cascais (CNC)

Un finish en beauté pour les Mondiaux de M32

En octobre dernier, le club portugais a accueilli les mondiaux de la classe de catamarans M32. Après avoir connu des conditions plus extrêmes, la dernière journée de régates a offert un ciel ensoleillé avec une solide brise de nord-ouest de 16-20 nœuds aux équipages en proie à une lutte acharnée jusqu’à la dernière minute. A l’approche de la 19e et dernière manche, quatre bateaux pouvaient encore prétendre au titre, puisqu’un seul point les séparait. Tous ont alors joué leur va-tout lors d’une course pleine de changements en tête, de tactiques impressionnantes et de quelques options désespérées. Ce n’est qu’au dernier bord que Convexity a dépassé ses concurrents directs pour remporter le championnat du monde avec seulement un point d’avance sur le deuxième bateau. Un magnifique spectacle pour clore en beauté la saison de ce catamaran.

Le titre de Champion du monde de Snipe revient en Europe

Organisée à Cascais, la 50e édition du championnat du monde biennal de Snipe a été un franc succès avec 17 nations représentées et 87 équipes, soit le plus gros événement jamais organisé pour cette classe de dériveur léger de 4,20 mètres à deux équipiers. Et c’est le duo espagnol Alfredo Gonzalez et Cristian Sanchez qui l’emporte, ramenant le trophée en Espagne (et même en Europe) pour la première fois depuis 1975.  Quatrième au général aux Mondiaux de 2017, son meilleur classement sur cette compétition, celui qui a également remporté la Coupe d’Espagne 2022, face à 200 concurrents, gagne cette épreuve à la régularité, avec des top 10 dans chaque manche.

© Matias Capizzano

Momo et Bribon 500, champions d’Europe 2022 des 6 Mètres

En septembre dernier, le club portugais a accueilli le Championnat d’Europe des Six Mètres 2022. Après cinq jours de course, les leaders Seljm (Patrick Montiero de Barros), Scoundrel One (John Harald Ornerberg) et Momo (Dieter Schoen) n’étaient séparés que par deux points, laissant la régate largement ouverte. C’est finalement au terme d’une spectaculaire huitième manche que s’impose Momo, champion du monde en titre et le plus récent bateau de la classe puisque ce plan Judel/Vrolijk a été mis à l’eau cette année. Dans la division classique, c’est Bribon 500, barré par Ross Macdonald et ses équipiers Alejandro Abascal, Alberto Viejo, Eduardo Marin et Roi Alvarez, qui remporte le titre de champion d’Europe, dix ans après son premier titre. Il est suivi sur le podium par Essentia de Catalin Trandafir. 

Yacht Club Costa Smeralda (YCCS)

Une 32e Maxi Yacht Rolex Cup de haut vol

Organisée par le Yacht Club Costa Smeralda en collaboration avec l’IMA (International Maxi Association) et avec le soutien du sponsor de longue date, Rolex, la Maxi Yacht Rolex Cup a connu un grand succès pour sa 32e édition. Du 4 au 10 septembre dernier, cette compétition internationale de haut vol, qui rassemble chaque année l’élite des skippers et les bateaux les plus performants, a offert de magnifiques conditions de régates aux 50 maxi yachts engagés dans sept classes. Au terme de quatre manches, on note les victoires de Svea (J Class), Shamanna (Supermaxi), Highland Fling (Maxi), Vesper (Mini Maxi 1), Rose (Mini Maxi 2) et H2O (Mini Maxi 3&4). 

© Rolex / Carlo Borlenghi 

90 voiliers à la 21e Rolex Swan Cup !

C’est l’un des rendez-vous incontournables du circuit de régates du chantier finlandais. En septembre dernier, la Rolex Swan Cup a fait son grand retour au YCCS, avec une flotte de plus de 90 unités divisée en deux groupes : les quatre classes monotypes (ClubSwan 36, 42, 45, 50) naviguant sur des circuits banane courts, tandis que les autres classes ont affronté des parcours côtiers de longueurs variables. Au terme de huit manches pour les ClubSwan et de quatre manches pour le reste de la flotte, on note les victoires de Freya (Maxi), Flow (Mini Maxi), Crilia (Grand Prix), Mascalzone Latino (Sparkman & Stephens), G-Spot (ClubSwan 36), Nadir (ClubSwan 42), Blue Sky (Swan 45) et Balthasar (ClubSwan 50). 


© Rolex / Carlo Borlenghi 

Yacht Club of Greece (YCG)

Le YCG retrouve son rythme de croisière 

Après la pandémie, du côté du Yacht Club of Greece, on enregistre un retour à la normale en matière de régate. Cette année encore, ses principaux événements annuels, la 10e Spetses Classic Yacht Regatta, qui met à l’honneur la tradition et le début de l’été, et la 55e Andros International Yacht Race, théâtre de courses au large accrochées à la fin de la saison estivale, ont connu un grand succès. Pour 2023, ces événements sont prévus respectivement du 22 au 25 juin et du 31 août au 3 septembre, et le club s’attend à une présence internationale encore plus riche. Notons que le club organise également des compétitions locales toutes les deux semaines et de nombreux événements sociaux et galas, dont le point culminant a été, en juin dernier, la co-organisation du « Cap Optimist : Monaco-Athènes » (voir Yacht Class n°30), où de jeunes sportives ont relié le Yacht Club de Monaco au Yacht Club of Greece, sur une paddleboard, afin de récolter des fonds pour les enfants atteints de cancer.

© YCG

Yacht Club de Monaco (YCM)

Les clubs jumelés en force au Championnat du monde J/70

En octobre dernier, le monde de la voile s’est donné rendez-vous à Monaco à l’occasion des Mondiaux de J/70 (voir notre article p. 145), qui a réuni 90 équipages de 23 nationalités. Et parmi eux, bon nombre de sociétaires de clubs liés avec l’institution monégasque par des accords de réciprocité et de jumelage. Du Yacht Club Punta del Este (YCPE) au Royal Swedish Yacht Club (KSSS), huit clubs jumelés au Yacht Club de Monaco (YCM) étaient ainsi présents. Si certains concurrents, à l’image de Mauro Leite (Pura Joda) du YCPE ou Mauro Reversi (JCurve) du Yacht Club Costa Smeralda (YCCS) participaient à leur toute première compétition en Principauté, la plupart connaissaient bien son plan d’eau pour y avoir déjà régaté, comme William Twomey (Wildcard). Le sociétaire du Royal Cork Yacht Club y a aussi découvert le J/70 il y a cinq ans. « C’est un petit bateau rapide, compétitif, amusant et excitant », nous confirme le vainqueur 2022 de la Monaco Sportsboat Winter Series en corinthien et 4e au classement général, venu avec son fils et son meilleur ami. La série de régates hivernales mensuelles du YCM a ainsi accueilli bon nombre de ces équipages, pour la plupart européens, mais venus aussi de plus loin. « J’étais là il y a deux ans avec un bateau de mon club, le Iate Clube do Rio de Janeiro (ICRJ). Je suis vraiment heureux d’être de retour, c’est un club formidable », souligne le Brésilien Guilherme Hamelmann (Mindset) , dont le club était représenté par quatre bateaux. Idem pour Cesare Massa (Bulla), membre du voisin Yacht Club Italiano (YCI) : « J’ai participé au championnat d’Europe de 470 ici, il y a 5 ans, ainsi qu’aux Winter Series et à la Primo Cup cette année. J’aime vraiment naviguer ici. C’est un plan d’eau complexe. C’est très difficile, mais plaisant. Sans oublier que le club et son atmosphère sont très agréables ».

© YCM / Studio Borlenghi 

Un plateau exceptionnel

Avec un nombre de bateaux limité, pour gagner leur place à ces Mondiaux, la plupart des participants ont dû passer par des qualifications dans leur pays. En Italie, ce sont les résultats de l’année dernière qui ont permis de désigner les chanceux qui y participeraient. Seul bateau du YCCS en lice, le JCurve de Mauro Reversi peut se targuer d’un beau palmarès et d’avoir remporté la saison italienne 2021. Quant au Why Not du YCI, il est « arrivé 2e en Corinthien », souligne Claudio Canaccini. En Argentine, ce sont les championnats nationaux qui ont attribué les deux places du pays. Avec un ticket pour les professionnels et un pour les amateurs, la lutte fut acharnée entre les 45 bateaux engagés, qui a vu la victoire de Principado (professionnel) et Bebeto (Corinthien). « Nous avons travaillé dur pour obtenir notre qualification », confirme Ezequiel Mendonca (Bebeto) du Yacht Club Argentino (YCA) qui accueillera à son tour, en 2025, le mondial de la classe. Idem du côté de la Suède et du KSSS, qui a vu cinq de ses bateaux qualifiés lors de son épreuve nationale. « Nous étions entre 30 et 40 à ce championnat », relate Jimmy Hellberg et Jakob Gustafson (Elvis), des habitués eux aussi de Monaco, même s’ils font partie de l’un des plus jeunes équipages suédois de J70 puisqu’ils naviguent sur ce support « depuis trois-quatre ans. Et plus sérieusement depuis deux ans ».

© YCM / Studio Borlenghi 

Un podium en One Pro

Si la majeure partie de la semaine aura été marquée par l’absence d’Eole, le championnat aura tout de même permis la tenue de trois belles manches. Du côté des clubs jumelés, on note la belle prestation d’Outlier du Real Club Nautico de Barcelona, qui pour ses premiers mondiaux termine 3e de la catégorie  »One Pro » (un professionnel à bord). « Nous étions dans le premier tiers de la flotte sur les trois courses, ce qui nous a permis de finir 28e au général et 3e en  »One Pro » » souligne Mon Cañellas, le skipper, qui était notamment accompagné du professionnel Matías Sabaté et du plus jeune participant de ce championnat Darío Alvaredo (13 ans). Ils sont immédiatement suivi par Three Musketeers de Alberto Guarischi (ICRJ). Notons également la 4e place de Bebeto de Guillermo Arrondo (YCA) en corinthien. Au classement général, JCurve de Mauro Roversi (YCCS) et Principado de Fernando Gwozdz (YCA) terminent pour leur part dans le Top 10.

© YCM / Studio Borlenghi 

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