Présentation

Yacht Class n°27 (dec 2021/jan-fev 2022)

RIBCO MARINE

Taillé pour la vitesse, le plus grand des Ribco nous a accueillis à son bord lors du Monaco Yacht Show avec une surprise sous la forme d’une motorisation inédite : deux V12 Mercury Verado de 600 chevaux chacun ! Les performances sont au rendez-vous… comme d’habitude.

Texte et photos : Philippe Leblond

Rappelons que Ribco Marine avait obtenu au début des années 2000, de construire sous licence, en Grèce, une gamme de semi-rigides extrapolée de celle du chantier anglais Scorpion, bien connu des amateurs de performance offshore. Depuis, le constructeur grec s’est largement émancipé puisqu’il produit des modèles encore plus grands que son « mentor » britannique, à l’image des Venom 39 et 44. Doté d’une carène en V profond à triple redan, signée Lorne Cambell, ce 44 pieds est un semi-rigide conçu pour tenir des moyennes élevées en mer formée. Voyons ce que peut apporter, dans ce domaine, le plus puissant des Mercury, le tout nouveau Verado 600 ch, premier et seul hors-bord 12 cylindres du marché.

Confort à l’italienne

Sagement amarré au quai Antoine Ier du Port Hercule, où siège Monaco Rib Boats, l’importateur des Ribco, le Venom 44, comme ses frères de marque, apparaît encore plus agressif et long qu’il n’est en raison de son architecture, typique des monocoques de haute performance : une coque en V profond étroite (seulement 3,52 m de largeur pour 13,15 m de long) et à la proue élancée. Sur le tableau arrière, deux blocs monumentaux (572 kg pièce) : les nouveaux et surpuissants Mercury Verado V12, des hors-bord de 600 chevaux chacun… Le calme avant la tempête ? En attendant de lâcher la bride de cette cavalerie massive, un petit tour du propriétaire s’impose…
Le Venom 44, comme les autres modèles de Ribco Marine, possède cette identité de GT de la mer que cultivent également certains de ses concurrents tels Technohull ou BSK Skipper, grecs eux aussi. Un cocktail relevé, concocté à l’origine par les marques anglaises telles que Revenger, Pascoe, Scorpion, Cobra… C’est à elles que revient l’idée d’associer une carène fine comme une épée, dotée d’un V profond, et quelques éléments de confort empruntés à la culture italienne du semi-rigide. Une combinaison qu’un chantier comme Ribco pousse encore plus loin… Témoin, la présence sur le Venom 44 de deux vastes solariums, de nombreuses vraies places assises et d’équipements de confort tels qu’un réfrigérateur (sous les sièges avant), une douche, un lavabo et un WC marin (dans la console). Et ce n’est pas tout : le Venom 44 se destine aussi au camping côtier grâce à deux couchettes doubles, situées sous les solariums, à l’avant et à l’arrière, fermées par des toiles de tentes.

Un poste de pilotage ergonomique

Le confort au mouillage a beau occuper une place importante dans le cahier des charges, le Venom 44 ne perd pas de vue l’essentiel avec un poste de pilotage à l’ergonomie soignée. Les deux rangées de sièges enveloppants destinés au pilote et copilote ainsi qu’à trois passagers situés juste derrière eux, ne sont pas là pour « faire genre »… A bord d’un semi-rigide donné pour 72 nœuds grâce à une puissance qui peut culminer à 1 350 chevaux (en l’occurrence, trois Mercury 450 Racing), il faut être bien installé et avoir de quoi se tenir ! Pour soigner le rapport poids/puissance, concernant le hard-top, le chantier grec a opté pour la fibre de carbone, économisant ainsi 100 kg de masse, ce qui permet aussi d’abaisser le centre de gravité du bateau. Ce toit rigide qui englobe le pare-brise apporte une excellente protection à l’équipage des cinq qui occupera les deux rangées de baquets. Le tableau de bord est assez spacieux pour intégrer un combiné Raymarine à grand écran ainsi que l’afficheur SmartCraft et la panoplie complète de l’instrumentation analogique des Mercury. Le cale-pied et la console centrale supportant le boîtier de commandes des moteurs et le joystick de manœuvre vont également dans le sens d’offrir au pilote une position de conduite confortable et efficace. En revanche, on peut s’étonner du placement du compas qui n’est pas dans l’axe de vision du barreur…
La qualité de réalisation du Ribco est partout présente. Que ce soit l’assemblage soigné des flotteurs, la coupe précise des selleries, le brillant du gel-coat ou la pose régulière du teck massif sur tout le pont, la finition ne prête guère le flanc à la critique. Et la qualité de l’accastillage en inox n’est pas en reste… A ce sujet, on notera la présence d’une seconde ancre avec guindeau sur la plateforme de bain, à la scandinave !

Des performances stratosphériques


Ces derniers temps, le tout nouveau Mercury V12 à pied d’embase rotatif et double hélice fait beaucoup parler… Aussi était-on impatients de le voir à l’œuvre ! Première accélération, et… légère déception. Malgré la transmission à deux vitesses et les doubles hélices, la poussée n’est pas fulgurante eu égard à toute cette puissance. Avec 6’’1 pour déjauger (les 20 nœuds sont effacés en 5’’1), le punch n’est pas au niveau où on l’attendait. Pour ce qui est du « caractère » de ce tandem de Mercury V12, c’est surtout à partir de 4 000 tr/min qu’on ressent l’ampleur de la force développée, plaqués que l’on se retrouve au fond du baquet. S’il est une chose qui surprend, c’est surtout la discrétion sonore de ces énormes blocs, ainsi que l’absence totale de vibrations. Parfait pour profiter de longues traversées en famille à vitesse élevée. Il est vrai que les V12 signent leur meilleur rendement à 4 000 tr/min, soit à 41,3 nœuds. Ce qui met Calvi à deux heures et demi seulement de Nice ! Dès lors, pourquoi hésiter à partir déjeuner en Corse ?

Autre motif de satisfaction compte tenu de la puissance installée, les rendements, avec un excellent 0,31 mille parcouru par litre consommé et, surtout, avec à la clé cette vitesse de croisière impressionnante : 41,3 nœuds ! Que cet ensemble livre son meilleur ratio à une vitesse si élevée s’inscrit complètement dans la logique de cette GT de la mer qu’est le Venom 44. Les chiffres que nous vous donnons sont ceux du chantier, enregistrés avec le concours d’un technicien Mercury. A titre personnel, nous n’avons pu prendre « que » 64 nœuds, en raison d’un plan d’eau peu propice aux relevés de vitesse. Pour ce qui est du comportement, le Ribco fend la vague avec aisance (houle et clapot d’environ un mètre) et vire en sécurité à vitesse (très) élevée. Reste que nous ne sommes pas persuadés que ce duo de V12 soit le meilleur choix pour ce semi-rigide… Lors des réceptions de sauts et des remises de gaz, le couple phénoménal des V12 secoue le bateau. Les Mercury 450 Racing nous semblent davantage dans l’esprit de ce coursier des mers. D’ailleurs, avec trois d’entre eux (puissance maxi autorisée), le Venom 44 aurait atteint 72 nœuds ! Mais, le plus grand des Ribco est aussi proposé avec 3 x Mercury Verado 300 ch V8, avec lesquels les performances devraient être tout à fait acceptables.



Fiche technique

Longueur hors-tout
13,15 m
Largeur
3,52 m
Capacité carburant
900 l
Matériau
tissu Orca 1 670 décitex
Motorisation
2 x Mercury Verado 600 ch
Puissance
3 x 450 ch
Vitesse maxi
68,3 nds
Autonomie à
41,3 nds : 252 milles
Prix
à partir de 535 000 € avec 2 x Mercury Verado 600 V12
Architecte naval
Lorne Cambell
Constructeur
Ribco Marine (Koropi - Grèce)
Importateur
Monaco Rib Boats (Monaco)

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