Présentation

Yacht Class n°43 (Dec-Jan-Fev 2026)

CNB – Solaris

Le développement du CNB 62 reste marqué par les critères de navigation hauturière chers à la marque, le passage sous le fleuron du groupe Solaris ayant permis d’améliorer encore un peu plus la qualité de construction et de finition. Des armateurs aguerris se sentiront à l’aise pour un programme de navigations lointaines.

Texte : Christophe Varène – Photos :  DR

Passée la période étourdissante des salons nautiques d’automne et la découverte de nouvelles unités, il est bon de retourner en mer et de valider les impressions – souvent bonnes – laissées par certaines. Aussi, lorsque l’opportunité d’aller tirer quelques bords sur le tout nouveau CNB 62 est offerte, il est impossible, voire non professionnel, de refuser. Rendez-vous est pris courant octobre au Cap d’Agde, chez Sud Croisière Yachts, centre de référence pour les voiliers construits chez CNB. Plusieurs bateaux de la marque sont d’ailleurs amarrés aux pontons ou à sec, en attente de travaux d’hivernage ou de petits refits. Parmi eux, le CNB 62, successeur du célèbre Bordeaux 60, attire le regard : deuxième modèle dévoilé après le 78 et la reprise de la marque par le groupe italien Solaris, il bénéficie de la même « french touch », en l’occurrence celle de Philippe Briand pour l’architecture et le design extérieur, associée au style de Jean-Marc Piaton pour les aménagements.

Voyager longtemps en petit équipage

La vocation essentiellement hauturière du CNB 62 explique les lignes tendues mais avec du volume, le rouf bien marqué pour être protecteur, l’arceau pour libérer le cockpit de l’écoute de grand-voile. De même, le principe des lattes de teck sans interruption – par la méthode des scarfs (le bout des lattes est coupé en biseau pour une connexion invisible) – sur le pont souligne, comme d’autres détails, les finitions toujours plus haut de gamme. L’accès à bord par la passerelle intégrée sur bâbord donne l’occasion de découvrir le tableau arrière et son ouverture : celle-ci est contrôlée électriquement et une volée de marches se déploie automatiquement pour descendre sur la plateforme, soit pour la baignade, soit pour sortir l’annexe rangée longitudinalement. Le cockpit adopte une disposition plutôt classique pour un voilier amené à voyager longtemps avec un petit équipage – car c’est un point essentiel dans la conception du CNB 62 : être un vrai bateau de propriétaire. Dans cette optique, la vaste capote et ses flancs déroulés amènent tout de suite une sensation de sécurité, de même que les postes de barre avancés et centrés, ainsi que les puissants winches électriques situés à l’arrière dans une zone dédiée aux manœuvres.

Inutile d’aller au pied de mât

Tous ces aspects prennent leur réalité dès que l’on largue les amarres. Le skipper s’installe au choix sur bâbord ou tribord, les deux consoles possédant toutes les commandes moteur et l’essentiel des boutons de réglages. La présence des deux safrans justifie les propulseurs d’étrave et de poupe pour la manœuvrabilité. Le positionnement des winches permet au barreur de les utiliser sans être obligé de passer devant la console. La sortie du port du Cap d’Agde s’effectue donc sans difficulté, mais la faible brise oblige à aller chercher un peu au large quelques risées, un bon moyen de tester les performances de la propulsion au moteur : à 2 200 tr/mn, la coque glisse à 8 nœuds, sans vibration et dans un réel confort sonore. Dès que la surface de la mer commence à se rider, il est temps de passer en mode vélique. Pour envoyer les voiles, nul besoin d’aller au pied de mât : en pianotant sur les boutons de la console, le mât à enrouleur laisse la grand-voile se déployer facilement et le génois se déroule dans la foulée. Les petits airs ne permettent pas d’apprécier le potentiel de vitesse, juste de relever qu’avec 5,5 nœuds de vent, le CNB 62 affiche un joli 5 nœuds à 50 degrés du vent réel. La barre est douce avec une étonnante réactivité. Il suffit de remonter un peu plus pour créer davantage de vent apparent et accélérer. Cette aptitude offre la possibilité de couper très vite le moteur.

Une conception asymétrique des aménagements

Pour les virements de bord sous génois, tout se contrôle, une fois encore, depuis les consoles de barre : enrouler le génois, en raison de la présence de la trinquette – qui elle est autovireuse -, virer et le dérouler sur l’autre bord. Pour la grand-voile, pas de souci : avec l’écoute reprise sur l’arceau carbone (une pièce sur-mesure de 80 kg), elle ne présente aucun risque dans le cockpit pour les passagers. Ces derniers savourent le salon qui leur est réservé avec une longue banquette sur tribord et, en vis-à-vis, une banquette en U encadrant une table qui peut devenir bain de soleil. Pratique, le passage vers l’intérieur est décalé sur tribord ce qui permet de dresser la table sans gêner la circulation. Cette légère asymétrie apporte aussi des solutions dans les aménagements intérieurs, qu’il faut maintenant découvrir. La descente possède de larges marches incurvées sur les bords et deux mains courantes verticales pour une facilité et une sécurité d’usage. La luminosité n’est pas un vain mot si l’on considère toutes les ouvertures dans le carré. Le plancher surélevé au-dessus du compartiment moteur assure en plus une parfaite visibilité sur l’environnement. Cet espace central du CNB 62 se divise en différentes zones : salon avec table pour dîner à six ou huit sur bâbord, coin détente avec deux banquettes en vis-à-vis et table basse sur tribord, l’un des deux dossiers basculant pour libérer une assise pour la table à cartes. Une façon judicieuse d’optimiser l’espace. La cuisine, quant à elle, occupe la partie avant sur toute la largeur, ce qui permet de combiner place et ergonomie.

Pour la navigation au long cours

La cabine armateur se situe vers l’étrave, avec lit double collé à la cloison avant et accessible sur trois côtés, et le principe de l’asymétrie autorise la présence d’une vaste salle d’eau sur bâbord et de généreux rangements sur tribord. Une petite cabine skipper peut prendre la place de la soute à voile dans la pointe, mais toute la philosophie du CNB 62 est fondée sur une utilisation par le propriétaire, sans équipage permanent. À l’arrière et desservies par une petite coursive qui crée de l’intimité par rapport au carré, deux cabines invités (lit double ou lits simples réunissables) présentent les mêmes dimensions, l’une des deux salles d’eau étant légèrement plus grande que l’autre, asymétrie oblige. Cette nouvelle unité possède bien toutes les caractéristiques qui ont fait le succès de la marque : utilisation pensée pour un couple de propriétaire, confort en navigation au long cours, aménagements raffinés, prestations et finitions de plus en plus haut de gamme.

Fiche technique

Longueur hors-tout
19,48 m
Largeur
5,33 m
Tirant d'eau
2,95 m
Motorisation
Volvo Penta D4 175 ch
Capacité carburant
1 000 l
Eau
800 l
Matériau
composite et renforts carbone
Déplacement
32,9 t
Surface de grand-voile
102 m2
Surface de génois
94 m2
Surface spi
320 m2
Architecte naval
Philippe Briand
Designer extérieur
Philippe Briand
Designer intérieur
Piaton Yacht Design
Constructeur
CNB - Solaris Group (Aquileia - Italie)
Importateur
Sud Croisières (Cap d’Agde - France)

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