Présentation

Yacht Class n°15 (dec 2018/jan-fev 2019)

Sunseeker Yachts


Cette nouveauté n’a guère mis de temps avant de trouver sa place dans les « sportfly ». De lui émane ce qu’il est convenu d’appeler un incontestable dynamisme et il le prouve avec une performance de 33 nœuds. Il a aussi des prétentions justifiées dans le domaine de la convivialité et de l’habitabilité.Son but affiché : la croisière dans un confort moderne.


Texte : Alain Brousse – Photos : Jérôme Kélagopian


La famille des Sport Yacht ne comporte que deux modèles, le 68′ et le 74′. Elle est apparue en 2009 avec des unités bien plus grosses, 110 et 130 pieds. Mais aujourd’hui, elle désigne des bateaux de type sportfly, soit un open hard-top doté d’un flybridge discret s’intégrant parfaitement dans un profil dynamique. De toute évidence, les passionnés de design extérieur reconnaitront au 74 une allure certaine. L’équilibre entre les lignes, pour la plupart tendues, lui confère du caractère. Les dirigeants de la marque ne manquent jamais de le préciser : « nous concevons tous les dessins en interne ». Bravo donc au département design Sunseeker qui a eu la main experte, et a su marier les vastes surfaces vitrées avec les formes des superstructures, un exercice qui n’a rien de facile. Nous réservons la meilleure note pour les flancs. Elégant, le 74′ Sport Yacht exprime naturellement la performance, suffisamment pour nous attirer vers ses commandes, non sans avoir auparavant vérifier la propulsion – du classique – soit une paire de V12 MAN de 1 550 ch chacun, autrement dit la puissance standard… A noter que l’accès à la cale moteurs, par la trappe centrale du cockpit, n’est pas des plus aisés, la faible hauteur sous barrots exigeant un minimum de souplesse.

Très agréable à piloter


Une fois rassurés sur le montage mécanique, nous grimpons sur le flybridge par un escalier bien étudié et sécurisant. Deux sièges, typés « fauteuil » au demeurant ergonomiques, nous positionnent face à un tableau de bord ni trop imposant ni trop réduit. Avec une vue sur 360 degrés, le propulseur d’étrave et un joystick, la manœuvre devient une formalité. Certes, le jour de notre essai, les conditions étaient idéales : franc soleil et faible brise maritime, incapable de générer du fardage avec ce yacht aux superstructures contenues. Passés le phare nous nous adressons aux deux MAN via les inverseurs : « que la puissance soit ! ». De fait, en tout juste 13 secondes le Sunseeker passe de 0 à 20 nœuds, ce qui dénote le dynamisme que nous soupçonnions avant même de lâcher les chevaux. C’est sur une Méditerranée paresseuse à souhait que nous allons atteindre la vitesse maxi déterminée par le chantier, à savoir 33 nœuds. Mission accomplie pour cette unité qui en régime de croisière, à 1 750 tr/min, taille sa route à 20 nœuds et assure une autonomie de 335 milles. On note qu’à partir de 2 000 tr/min, et cela jusqu’au régime maxi, la courbe de rendement s’aplatit, ce qui traduit une efficacité plus marquée de la carène aux vitesses élevées. Pour preuve, l’autonomie tourne autour de 275 milles que l’unité navigue à 25 nœuds ou, mieux, à 33 nœuds. Le test de niveau sonore à bord, opéré dans le salon, a révélé des valeurs se situant entre 61 dBA à ­1 000 tr/min (10,4 nœuds) et 77 dBA à plein régime (33 nœuds à 2 360 tr/min). Le Sunseeker 74′ existe dans une version encore plus performante, à savoir 2 x 1 900 ch MAN, pour une vitesse maximum de 38 nœuds. Quelle que soit sa version moteur, il possède deux postes de pilotage, celui du fly depuis lequel on jouit d’une visibilité totale, ou presque, mais où il ne faut vraiment pas compter sur la protection du pare-brise profilé. A 30 nœuds on s’emplit les poumons d’air iodé. Par une température de 25 degrés cela reste très agréable. A la moindre alerte météo on rejoindra la timonerie du pont principal qui sait se faire discrète dans cet espace de réception très lumineux. On se familiarise aussitôt avec les écrans et les instruments de navigation. Quant à la visibilité, elle demeure correcte. Juste au-dessus du poste de commande, la vitre de type sky-light s’ouvre mais peut être aussi occultée par un rideau électrique.

Le fly, une bonne surprise


Qu’elle soit fly ou sport fly, une unité présentera à coup sûr trois espaces extérieurs, voire quatre avec une plate-forme de bains, de préférence hydraulique. Le tableau arrière du 74′ dissimule une petite banquette et une plaque électrique pour les grillades, toutes deux escamotables. Au niveau de la poupe, deux escaliers mènent au cockpit qui ne fait pas dans la demie mesure en offrant un coin salon ou repas, selon le moment, avec une table pour 8 à 10 couverts et une banquette en U pour presque 12 passagers. A portée de main, un petit réfrigérateur et un rangement placé sous l’escalier du fly… Sachant que ce cockpit est entièrement abrité par la casquette du fly, on saura en faire bon usage quelle que soit la météo, ou presque… Les passavants nous guident vers le pont avant où nous trouvons le salon de plein air (banquette en U avec table), capable d’accueillir six personnes et, bien entendu, l’inévitable solarium. On apprécie les coffres de rangements, deux dans le rouf pour les amarres et deux autres dans la partie technique pour les défenses. Place enfin au fly qui fut d’une certaine manière une bonne surprise. En effet, sur un « sportfly » on s’attend à moins de surface que sur un classique flybridge, et par voie de conséquence à moins d’équipement. Mais là, non seulement se trouvent le poste de pilotage, mais aussi un solarium pour deux à trois passagers ainsi qu’un coin salon convenant parfaitement pour les repas pris « sur les hauteurs », avec vue panoramique et plongeante sur la Grande Bleue, sans oublier le bloc-cuisine comprenant deux glacières et une plaque électrique.
 
Convivialité, dans la master comme dans la VIP


L’ouverture de la baie vitrée fumée du salon s’arrête au niveau du dossier de la banquette du cockpit, pour autant la vue vers l’extérieur n’en souffre pas. De fait, le salon du pont principal bénéficie d’une bonne luminosité. On s’y sent aussitôt à son aise.  Le plancher en chêne foncé ne joue pas les trouble-fêtes, bien au contraire. Le coin salon-salle à manger sur tribord (de 6 à 8 couverts) fait face à un meuble qui cache un écran TV escamotable. On appréciera les rangements, dont ceux placés sous l’assise de la banquette. Ce 74 pieds a été conçu avec la cuisine ouverte se situant juste en bas de l’escalier menant au pont inférieur. Elle dispose de tout l’équipement, dont une cave à vin et un réfrigérateur-congélateur, un peu visible. Contigu aux fourneaux, on découvre un petit carré qui, certes, agrandit l’espace mais dont l’utilité reste à démontrer… Pour ce qui est des cabines, elles sont donc rassemblées au niveau de la ligne de flottaison, avec chacune de grands hublots et une hauteur sous-barrots largement suffisante. La master, pleine largeur, occupe le centre du yacht, tandis que la VIP est logée dans l’étrave, en avant de la cabine invités (twins). Chacune possède sa propre salle de bains avec douche indépendante.

A l’issu de cet essai, force est de constater que le Sunseeker 74 Sport Yacht témoigne de toute l’expérience du chantier anglais. Son allure ne manquera pas de séduire, son habitabilité, son confort et son ergonomie le rendent incontournable. A l’image de son sillage, sa carrière semble toute tracée.

Fiche technique

Longueur hors-tout
22,82 m
Largeur
5,38 m
Tirant d'eau
1,87 m
Capacité carburant
4 800 l
Eau
800 l
Matériau
polyester et composite
Déplacement
46,87 t
Motorisation
2 x 1 550 ch MAN
Vitesse maxi
33 nds
Autonomie à
20 nds : 335 milles
Prix
de base : 2 175 000 £ HT
Architecte naval
Sunseeker Yachts
Designer extérieur
Sunseeker Yachts
Designer intérieur
Sunseeker Yachts
Constructeur
Sunseeker Yachts (Poole – Angleterre)
Importateur
Sunseeker France (Mandelieu) et Sunseeker Monaco (Monaco)

Le magazine actuel