Présentation

Yacht Class n°13 (juin-juillet-août 2018)

Jeanneau


Nouveau représentant de la 8e génération de Sun Odyssey, le 490 offre un niveau de prestation élevé, avec des aménagements pensés pour naviguer, et des performances conformes aux habitudes de l’architecte Philippe Briand.


Texte : Christophe Varène – Photos : D.R. et l’auteur


Lorsque l’on fait partie d’un groupe parmi les leaders de la plaisance mondiale, il est recommandé de démontrer sa capacité à développer de nouveaux voiliers présentant des solutions innovantes. Bref, il faut toujours avoir un coup d’avance sur la concurrence. Ce défi, le constructeur vendéen Jeanneau l’a bien défini et surtout il met tout en œuvre pour le relever. La gamme Sun Odyssey se veut la marque de cette évolution permanente : lancée au début des années 2000, cette famille de voiliers de croisière connaît aujourd’hui sa huitième génération avec l’arrivée des Sun Odyssey 440 et 490. Si la majeure partie de la recherche et du développement est réalisée en interne, le chantier Jeanneau n’hésite pas à faire appel à des talents et des compétences extérieurs. C’est ainsi que l’on doit à Philippe Briand le design extérieur très contemporain, avec étrave droite, volume prononcé à l’avant, long bouchain et large tableau arrière, et à Jean-Marc Piaton les aménagements intérieurs modernes, pratiques et lumineux.


Cockpit ergonomique et astucieux

Abaissée, la large plateforme autorise un accès facile par l’arrière et permet de découvrir aussitôt le cockpit spacieux et fonctionnel. Les deux barres à roue sont bien déportées sur les côtés pour offrir une bonne visibilité sur le pont et les voiles, que le barreur soit au vent ou sous le vent. La grande table centrale possède des rabats qui laissent libre l’accès vers la descente, en particulier sur bâbord, la banquette en L sur tribord occupant davantage de place. Dès les premiers instants en mer, on apprécie immédiatement le passavant qui court en pente douce depuis les postes de barre jusqu’au pont avant : sans aucune marche et avec un gréement bien placé (les bas-haubans en particulier sont rentrés sur le rouf), les déplacements s’effectuent sans gêne et avec sécurité, une sensation que l’on retrouve en général sur de grandes unités. L’autre astuce appréciable de ce cockpit se découvre dans les dossiers des banquettes latérales : d’un simple geste, ils se déploient pour devenir un agréable solarium au mouillage, un support supplémentaire pouvant l’agrandir jusqu’à la table sur tribord. Pour les adeptes des U.V, un autre bain de soleil se situe sur le pont avant.

11 nœuds d’allure par force 6


Une légère brise dans la baie de Cannes, au large des îles de Lérins, donne l’occasion d’une sortie afin d’apprécier les qualités marines du Sun Odyssey 490. Dans le cockpit, on trouve quatre winches Harken dont trois sont électriques (en option) et l’ensemble des manœuvres revient vers les deux principaux situés près de la descente. L’envoi de la grand-voile se révèle simple et rapide. On remarque au passage que la bôme assez basse devrait faciliter l’affalage en se plaçant à hauteur du taud et des lazy jacks. Le génois sur enrouleur ne nécessite pas davantage d’effort. Avec un vent réel de 5,0 nœuds, le Sun Odyssey 490 dépasse cette vitesse au près et en abattant de 10° en 10°, l’allure augmente d’un nœud à chaque fois. A bord pendant cet essai, Hervé Piveteau, responsable développement voiliers chez Jeanneau, annonce une vitesse moyenne de 8 nœuds avec des conditions standard de navigation, et jusqu’à 11 nœuds lorsque le vent forcit entre 20 et 25 nœuds. Les voiles sont réalisées chez Elvstrom (ou Technique Voile) dans un tissu développé spécialement par et pour Jeanneau et la gamme Performance apporte tenue et longévité pour un prix compétitif. Grâce aux deux safrans, la barre est douce et précise, tandis que la carène s’appuie bien sur son bouchain. Le retour se fait tout d’abord sous Code 0, celui-ci étant monté sur un enrouleur électrique, une demande particulière du propriétaire réalisée hors du chantier Jeanneau : la grande voile noire siglée de l’étoile blanche du constructeur améliore les performances. A l’approche du port, le moteur Yanmar de 80 ch (57 ch en standard) autorise une vitesse de croisière à un peu plus de 7 nœuds et 9 en maxi. Le seul bémol de cette sortie concerne le circuit de l’écoute de grand-voile qui traverse le pont en oblique et gêne un peu la circulation vers le pied de mât.


Au choix, de deux à cinq cabines

Les aménagements intérieurs apportent leur lot de – bonnes – surprises. En bas de la descente, le carré se montre spacieux et lumineux. Les parties supérieures traitées en blanc contrastent bien avec les meubles en cèdre gris et la sellerie turquoise. Inutile de s’étonner de la clarté, les hublots ornent le salon à profusion, dans la coque, le rouf et le pont : assis ou debout, la mer s’offre en spectacle. Sur bâbord, la table à cartes, avec la petite banquette qui lui fait face, devient un lieu de discussion, de partage pour choisir son prochain mouillage, sa prochaine route. Légèrement déporté à gauche, un long meuble présente des tiroirs à chaque bout, mais surtout, il possède une haute fargue qui permet de ranger lunettes, portables, clés… mais sert aussi de main courante pour assurer les déplacements à l’intérieur. Le reste du carré se divise entre d’une part une belle cuisine avec d’intéressants plans de travail, un évier deux bacs, une cuisinière et un frigo accessible par le dessus ou en option, par une porte frontale pratique, et d’autre part un salon en U convivial dont la table centrale se baisse pour obtenir un couchage double supplémentaire. Détail malin, les extrémités de la table se baissent pour libérer un espace de circulation. A noter aussi que, derrière le haut des dossiers, de nombreux équipets sont discrets et bien utiles pour y caler toutes sortes d’équipements.
A l’arrière, de part et d’autre de la descente qui dissimule le compartiment moteur bien insonorisé, les deux cabines invités possèdent de grands couchages double, celle sur tribord ayant un accès direct au cabinet de toilette. Différentes configurations sont proposées et on peut ainsi supprimer une cabine arrière transformable en atelier/soute à voiles pour les grands voyageurs, ou créer une salle d’eau à la place de la table à cartes : les combinaisons sont multiples, de deux cabines avec deux cabinets de toilette jusqu’à… cinq cabines et trois salles d’eau. Sur le Sun Odyssey 490 de l’essai (3 cabines, 2 cabinets de toilette), la cabine armateur occupe le grand volume avant, véritable petite suite avec lit double central, meuble de rangement au pied du lit avec écran TV et bibliothèque, un cabinet de toilette avec une belle cabine de douche sur tribord et des toilettes séparées sur bâbord. L’ensemble compose un espace généreux avec de belles boiseries et de nombreux rangements, tiroirs, penderies et vide-poches. Depuis le lit, la vue par les hublots de coque permet d’apprécier le cadre des escales.
Le Sun Odyssey 490 doit être considéré comme la plus petite des grandes unités car on y retrouve bien des éléments constitutifs de la grande plaisance : une facilité d’utilisation et de manœuvre en mer associée à des performances appréciables, et des aménagements intérieurs bien pensés et réalisés, avec des astuces et du sens pratique, pour offrir un bon niveau de confort en navigation et au mouillage.


Hervé Piveteau

Responsable développement voiliers Jeanneau

« La gamme Sun Odyssey se renouvelle régulièrement et le 490 représente le deuxième voilier de la 8e génération, en reprenant les bénéfices du 440, avec 1,50 m de plus de longueur hors-tout. Nous nous sommes donc appuyés sur deux maîtres-mots : performance et circulation. Pour cette dernière, on retrouve le principe du passavant qui court en pente douce depuis le cockpit jusqu’à l’étrave, sans marche ni entrave, et nous avons gardé le gréement avec les bas-haubans rentrés à l’intérieur de ce passavant. Pour la performance, il s’agissait surtout d’obtenir un gain de poids : nous espérions 10 %, nous avons réalisé 7 %. Pour cela, nous avons, entre autres, adopté un gréement « cathédrale » : au-dessus de la deuxième barre de flèche, les haubans apportent la raideur équivalente à un troisième étage. Cela signifie un mât plus fin, donc plus léger, avec un gréement lui aussi plus léger, un centre de gravité plus bas et au final un lest moins important pour un gain de poids significatif. Le développement de cette nouvelle génération se fait par le milieu de la gamme car c’est elle qui concentre les questions et les problématiques. Lorsque tout est résolu pour ces bateaux, il est alors plus facile de décliner les solutions vers les plus grandes et plus petites unités. »


Fiche technique

Longueur hors-tout
14,42 m
Largeur
4,49 m
Tirant d'eau
2,24 m
Motorisation
57 ch Yanmar
Capacité carburant
240 l
Eau
640 l
Matériau
fibre de verre
Déplacement
11 290 kg
Surface de grand-voile
56,80 m2
Surface de génois
53,60 m2
Prix TTC
à partir de : 292 920 €
Architecte naval
Philippe Briand
Designer extérieur
Philippe Briand / Jeanneau Design
Designer intérieur
Piaton Bonet Yacht Design Jeanneau Design
Constructeur
Jeanneau

Le magazine actuel