Présentation

Yacht Class n°29 (juin-juil-août 2022)

SIRENA YACHTS

La marque turque fait évoluer ces grands modèles vers le très haut de gamme. Le nouveau Sirena 68, découvert au dernier Cannes Yachting Festival, témoigne de cette ascension vers le luxe tout en proposant une navigabilité très convaincante qui avait intronisé le 64, qu’il remplace.

Texte : Norbert Conchin – Photos : DR

Sirena Marine, située à quelques encablures de la mer de Marmara, au sud d’Istanbul, affiche ses prétentions de rendre encore plus agréables, à la mer comme au mouillage, ses trawlers yachts. Avec le lancement du 88 pieds en 2019, le chantier est entré dans l’univers de la grande plaisance avec un degré de finition nettement rehaussé, coïncidant avec la collaboration du designer néerlandais de grands yachts, Cor D. Rover. Ce traitement a donc été appliqué pour le renouvellement du 64 pieds, qui passe à 68 pieds pour l’occasion, gardant la même recette de carène planante à semi-déplacement, due à German Frers, capable de croisières au long cours très confortables, de 10 à 16 nœuds, et de pousser des pointes à plus de 25 nœuds, dignes de bateaux planants, quand le besoin ou l’humeur s’en fait sentir.

Beaucoup d’espace sur tous les ponts

Qui dit plus luxueux, dit aussi plus d’espace. Dans ce domaine ce nouveau 68, avec son dessin de coque spécifique, affiche de belles mensurations de volume intérieur et permet, sur le pont inférieur, de disposer de trois cabines doubles très spacieuses. Au centre, la cabine master occupe la largeur du bateau et la double salle d’eau, également sur toute la largeur, est placée entre le lit et la salle des machines, dont l’emplacement a été optimisé grâce à la transmission V-drive qui permet d’économiser de la place longitudinalement. La cabine VIP occupe le grand triangle avant et une cabine twin est située en face de la descente. Logée en partie sous cet escalier, une quatrième cabine double, à lits Pullman, est optionnelle, ainsi qu’une cabine équipage à l’arrière du compartiment moteur.

Le pont principal n’est pas en reste. Depuis le cockpit arrière, on entre par une baie vitrée qui laisse apparaitre un bar entre l’extérieur et la cuisine disposée en long sur la gauche. En face, et séparée de la cuisine par un îlot central, une belle table pour huit personnes précède un espace salon XXL où canapés et meubles sont aménageables selon les goûts du propriétaire. Sur l’avant, après la descente, la timonerie occupe la moitié bâbord, tandis qu’à tribord une belle banquette permet de voir la mer par les grands hublots panoramiques demi circulaires. La surface vitrée de cet immense espace ouvert, dont le seul bémol est de rogner un peu sur le cockpit arrière, est telle que l’on bénéficie d’une vision sur 360° renforçant encore la sensation d’espace. Le même constat, encore plus probant, se fait une fois monté sur le Flybridge. Les limites de ce que l’on a vu de mieux ont été encore repoussées… De l’avant à l’arrière : bain de soleil face au poste de pilotage, immense espace lounge, cuisine faisant office de bar vers l’arrière, puis grande zone libre aménageable avec des transats ou en dance floor, la superficie est impressionnante !

Trois ambiances différentes

Le Sirena 68 n’est pas à proprement parlé un yacht semi-custom, néanmoins, le chantier se montre à l’écoute pour des personnalisations, bien aidé dès la conception par trois ambiances de décorations prédéterminées : Serenity, Elégance et Inspiration, procurent des sensations soit cosy, énergique ou bien zen. Dans tous les cas, les matériaux utilisés sont de grande qualité. Les essences de chêne sont foncées, gris clair ou miel, les laques sont mat-satinées, anthracite ou crème. Les cuirs et tissus à motifs sont harmonisés avec les marbres. De l’ensemble émane une classe naturelle que l’on retrouve à bord de grands yachts.

Sérénité en toutes circonstances

La construction des Sirena est très soignée. L’infusion à base de Vinylester, mousse et verre, qui compose la coque est bien maîtrisée par les équipes. Pour les superstructures et afin d’abaisser le niveau de gravité en évitant le poids dans les hauteurs, les poutres soutenant le flybrige sont en composite carbone. C’est du solide, et le poids lège de 39,5 tonnes laisse présager d’un bon confort lors du passage de vague. C’est ce que nous allons vérifier en sortant du vieux port, manœuvrant facilement à l’aide des propulseurs électriques. Des hydrauliques sont disponibles en option ainsi qu’un Seakeeper 18 que nous avons laissé en fonctionnement pour stabiliser le bateau durant notre essai. Notre Sirena était équipé de deux Volvo D13 développant chacun 1 000 chevaux, soit la monte optionnelle. Cette motorisation nous a permis d’atteindre presque 26 nœuds (avec 91 % de carburant et 80 % d’eau douce) dans le clapot de la baie de Cannes. Le poste de pilotage, que ce soit au flybridge ou depuis la timonerie, est très ergonomique et l’on navigue à cette vitesse sans appréhension, tant l’absence de vibrations et de chocs donne l’impression de survoler le plan d’eau. En revenant au port, à la vitesse de croisière « trawler » de 10 nœuds, on a davantage l’impression de naviguer sur un lac que sur la mer…

Fiche technique

Longueur hors-tout
21,40 m
Largeur
5,90 m
Tirant d'eau
1,30 m
Capacité carburant
5 250 l
Eau
1 400 l
Matériau
Vinylester/mousse/carbone
Déplacement
lège : 39,5 t
Motorisation
standards : 2 x Volvo D13 diesel
Puissance
2 x 1 000 ch
Vitesse maxi
26 nœuds
Autonomie à
10 nœuds : 1 200 milles
Architecte naval
Frers naval Architecture & Engineering
Designer extérieur
Frers naval Architecture & Engineering
Designer intérieur
Cor.D.Rover Design Studio
Constructeur
Sirena Yachts (Istanbul – Turquie)
Importateur
Trawlers & Yachting (Mandelieu-la-Napoule)

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