Présentation

Yacht Class n°19 (dec 2019/jan-fev 2020)

Silent-Yachts


A l’heure où le réchauffement de la planète devient une antienne, réduire les émissions de dioxyde de carbone paraît prioritaire. Place donc à la propulsion électrique, ce qu’a choisi le chantier autrichien Silent-Yachts qui produit des catamarans « écologiques ». Son modèle phare : le 55 qui dans sa formule E.Power devient le « porte-drapeau » des unités non polluantes.


Texte : Alain Brousse – Photos : D.R


Comment faire autrement que d’apercevoir les panneaux photovoltaïques qui sont installés tout d’abord sur le hard top de fly, puis sur la partie arrière et avant du même fly. N’allez cependant pas en conclure que ces capteurs suffisent à produire l’énergie nécessaire à la consommation des deux moteurs de 250 kW chacun. Ils sont là en appoint, à condition que les conditions climatiques soient favorables, en clair qu’il y ait du soleil au dessus des eaux que vous fréquentez. Bref, vous appareillez avec une bonne météo en ayant pris soin de charger le parc de batteries au lithium-ion, votre « carburant ». Et autant se souvenir de la consommation en kilowatts et de l’autonomie qui s’exprime en heures ! Voilà pourquoi sur notre fiche technique apparaît, comme pour un moteur thermique, les consommations, cette fois en kW, en fonction des vitesses et l’on obtient son autonomie en temps et en distance milles. Un exemple extrême : je suis sur le Silent 55 entièrement électrique, le E.Power, et je souhaite rallier la Corse depuis Antibes, soit 110 milles… Une seule solution : maintenir une allure de 3 nœuds si je compte sur la capacité du pack batterie, soit 210 kW et plutôt 180 kW avec une marge de sécurité. Résultat : près de 37 heures pour entrer dans le port de Calvi… On peut également miser sur l’énergie apportée par les panneaux solaires, soit environ 80 kW à condition de bénéficier d’une journée ensoleillée de 16 heures. Le tout électrique est donc la seule façon de naviguer sans émission de C02. D’aucuns, moins confiants en la formule uniquement électrique, opteront pour le générateur d’appoint (100 kW), un moteur thermique diesel classique. Enfin, au cas où vous seriez obligés de recharger votre pack de batteries totalement vidé de son énergie, le temps nécessaire est de deux jours et demi. Les batteries auraient, d’après son fabricant une durée de vie de 10 ans, supportant plus de 2 000 charges.


Le respect de l’environnement


Voilà pour l’aspect purement technique, à présent larguons les amarres du Silent 55 en… silence, comment en serait-il autrement a fortiori au ralenti. Pour les manœuvres dans le port, l’inversion des marches et propulseurs d’étrave font l’affaire. Une fois en mer, sur un clapot naissant, nous allons découvrir que si les moteurs électriques sont l’assurance de vibrations à peine perceptibles et d’un niveau sonore lui aussi des plus bas, reste que sur l’eau les coques du catamaran créent à elles-seules des vagues d’étrave et donc des remous qui, dans le tunnel, provoquent irrémédiablement des résonances. Ajoutez à cela le bruit des hélices et vous constatez qu’à 10 nœuds, un bateau électrique de type catamaran ne peut se prévaloir de passer inaperçu au niveau des décibels, soit 56 dbA dans le salon et la master, ce qui n’est pas loin du constat que l’on fait habituellement à bord d’unités dotées de moteurs thermiques. Mais le principal n’est-il pas qu’avec ce Silent, en mode électrique, on se fait le champion de l’antipollution ? Oublions la navigation hauturière, focalisons-nous sur les sorties à la journée et les croisières côtières. Le comportement du Silent en tant que catamaran électrique, eu égard aux allures limitées, ne nous surprend pas. Il roule très peu et fait valoir sa stabilité latérale. Face à la vague, il va tout naturellement tanguer légèrement. Le plaisir de tenir les commandes au poste de pilotage du fly est d’une telle évidence que l’on se résout difficilement à rejoindre la timonerie intérieure qui saura cependant se montrer très accueillante au moindre caprice météorologique. Celle-ci se trouve aménagée dans l’espace commun du pont principal, à tribord, et offre une visibilité un rien contrariée sur l’avant et plus dégagée en latérale.


Des aménagements parfois originaux


Sur le plan des espaces extérieurs, on note aussitôt que le flybridge est limité en surface, soit seulement 20 m2. La raison en est simple, son arrière est consacré aux panneaux solaires (12 m2). Sinon, ce fly possède tout de même une banquette transversale qui court sur bâbord et sert un coin repas avec une table pour quatre à six personnes. Une banquette-solarium biplace apparaît sur tribord au niveau du poste de pilotage. Le cockpit, bien que spacieux, est à peine plus généreux en surface 25 m2. Il rassemble une banquette transversale et à bâbord un coin repas pour quatre personnes. Le pont avant est doté de deux solariums monoplaces et de deux trampolines faisant office de bain de soleil avec appui-tête. Une originalité au début du passavant bâbord : une assise pour trois passagers désireux de s’isoler ou d’apercevoir « en grand écran » le paysage qui défile. L’habitabilité du Silent se singularise tout d’abord par une réception monospatiale de 30 m2 avec dès l’entrée deux meubles-cuisine et une armoire réfrigérateur. Vient ensuite le coin repas (table et banquette pour six personnes) qui est aussi considéré comme un salon avec en face, sur le meuble de soutien des sièges de la timonerie, un écran TV escamotable. Toujours sur le pont principal, entre les deux coques, donc dans la nacelle, se trouve la master avec un lit king-size, dos à la marche du bateau et faisant face à des penderies. Sa salle de bains occupe la partie avant de la coque tribord qui, par ailleurs, dispose d’une cabine invités sur l’arrière. La coque bâbord offre deux guest cabines. Toutes ont leur propre salle de bains. De quoi rassurer les loueurs ou les locataires de ce type d’unités.
Le Silent 55, d’après le fondateur de la marque, Michael Köhler, n’a pas mis longtemps avant de séduire des armateurs qui ne cachaient pas leur satisfaction de pouvoir désormais naviguer « propre ».

Fiche technique

Longueur hors-tout
16, 50 m
Largeur
8,46 m
Tirant d'eau
1,20 m
Capacité carburant
600 l
Eau
500 l
Matériau
polyester renforcé carbone
Déplacement
lège : 19 t
Motorisation
2 x 250 kW
Vitesse maxi
17 nds
Prix
H.T E.Power : 1 622 390 €
Architecte naval
Silent-Yachts
Designer extérieur
Silent-Yachts
Designer intérieur
Silent-Yachts
Constructeur
Silent-Yachts (Magdalensberg - Autriche)
Importateur
Marcello Maggi (Monaco)
Importateur

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