Présentation

Yacht Class n°26 (sept-oct-nov 2021)

FOUNTAINE PAJOT


Le chantier rochelais, qui avait été le premier à miser sur le catamaran moteur dans les années 90, enrichit sa gamme Motor Yacht d’un navire amiral, le Power 67. Ses prestations le prédestinent à la croisière exclusive avec une débauche d’espace et de luxe.


Texte : Norbert Conchin – Photos : DR


Tout le monde en a entendu parler mais peu l’ont découvert en l’absence de salons nautiques. De surcroît, le Power 67 est, dès sa sortie, parti pour la Grèce, sa destination pour y exercer son principal talent : la croisière de luxe. Certes l’Alegria 67, la version voilier, nous avait donné un avant-goût l’année dernière mais quand nous avons été invités à Athènes pour essayer la version Power avec la plus forte motorisation du catalogue et en version charter de luxe, inutile de vous dire que nous ne nous sommes pas fait prier. Par rapport au modèle voile, les carènes ont été élargies sur l’arrière pour optimiser la propulsion à hélice, les étraves verticales ayant été conservées, car très efficaces pour couper la vague. Le volume général, coques et superstructures, signé du bureau Berret-Racoupeau, est imposant, mais sans alourdir la ligne qui affiche un bel équilibre, avec une casquette de roof bi-teinte rendant la silhouette plutôt fine et évoquant un certain dynamisme. Les espaces de détente extérieurs sont prometteurs : 32 m² de flybridge, 36 m² de cockpit arrière sans compter la plateforme de bain, et pas moins de 45 m² pour l’ensemble cockpit et plage avant ! Leur aménagement est très ergonomique, la plage avant intègre une banquette, un jacuzzi et un bain de soleil XXL avec une porte frontale pour un accès direct depuis le salon. Au Fly, bain de soleil sur toute la largeur, coin dînette sous le hard-soft top, chauffeuse en face du pilote. Le cockpit arrière est traité comme l’endroit amené à être le plus fréquenté. La table en plaquage de teck et Corian blanc est superbe. Elle se déplie et se rehausse grâce à ses pieds hydrauliques. Huit convives trouvent place autour, très confortablement, pour prendre les repas.


Un équipement de luxe


Notre version « Charter », au départ d’Athènes, était pourvue de toutes les options. Pas moins de huit compartiments froids, une cuisine dans le salon avec de vastes plans de travail, un écran télé de 50 pouces, tout est fait pour que les quatre membres d’équipage prennent soin des invités. Le plan d’aménagement des cabines est à lui seul une preuve de l’attention apportée au bien être à bord. Les deux cabines arrière disposent d’un accès indépendant depuis le pont. La master, à tribord, est accessible depuis le carré mais elle possède une autre sortie sur la plage avant, très astucieuse. Deux autres cabines à bâbord porte le nombre a cinq, mais on peut en commander six ou quatre seulement si l’on prend l’option de la cuisine dans la coque bâbord, ce qui correspondra à un service plus discret. Les boiseries en chêne clair contrastent avec les planchers plus sombres et les plans de travail en Corian crème, tandis que les cuirs magnolia des banquettes apportent une ambiance douce et feutrée, en même temps qu’un style tendance. Des literies haut de gamme procurent un excellent confort pour la nuit et la salle de bain de la suite propriétaires, avec sa double vasque design et sa douche à l’italienne, complète idéalement des grandes penderies et un coin bibliothèque très cosy. La baie vitrée du salon s’ouvre en grand amenant la perspective d’un très grand espace de réception, et une table, soit basse soit haute, sur le même principe que celle du salon, permet de prendre ses repas à l’intérieur tout en regardant la télé. La méridienne qui fait face à la timonerie intérieure est le point névralgique pour le propriétaire qui souhaitera s’entretenir avec le skipper sur l’itinéraire retenu, tout comme avec le chef pour le menu.


L’accès à l’eau ? Facile !


Pour monter à bord, une passerelle hydraulique à trois volets est disposée sur les marches des jupes arrière. En y descendant on découvre une plateforme hydraulique qui peut recevoir une annexe de 4,25 mètre et supporter 450 kg. La mise à l’eau est on ne peut plus simple et une fois l’annexe sortie de son ber, la plateforme constitue une plage de bain idéale et accessible par les deux côtés. Elle est suffisamment large pour installer chaises longues ou matelas. Les cales moteur sont assez grandes pour recevoir, en plus des éléments techniques assurant autonomie énergétique et confort, des jouets nautiques tandis que les pics avant sont aménagés pour héberger l’équipage. On peut cependant noter qu’une insonorisation poussée des compartiments moteurs permet de réduire le niveau sonore, comme nous allons nous en rendre compte en navigation.


Un comportement sain avec tous les pleins


Le bateau étant prêt à appareiller pour rejoindre ses clients, tous les pleins de carburant, d’eau et de vivres étaient fait et la charge utile, avec à un peu moins de six tonnes, était ici à son maximum. C’est assez rare d’avoir à faire nos tests dans ces conditions, et cela mérite d’être souligné. Sortir de sa place de port est une formalité avec deux moteurs écartés de huit mètres, et nous ne tardons pas à nous élancer sur une mer plate. Les deux Volvo de 480 ch propulsent rapidement le catamaran à sa vitesse de croisière économique. A 2 000 tr/min, à peine 33 litres à l’heure sont engloutis pour une vitesse de 10 nœuds qu’il sera possible de tenir sur 1 200 miles nautiques, sans ravitailler. En réduisant l’allure à 5,7 nœuds (1 000 tr/min), et à condition de passer par les Açores, l’autonomie peut même devenir transatlantique (3 800 milles) ! Une fois déjaugé (à environ 14 nœuds), une vitesse de croisière rapide à 15 nœuds s’avère très agréable, les cales moteur restant discrètes. Les fines étraves percent bien les vagues et le bateau file avec un léger cabrage. Dans notre configuration croisière, la vitesse maxi a frôlé les 17 nœuds au régime maximum de 3 370 tr/min, mais nul doute que dans un test à vide, les 20 nœuds seraient atteignables d’autant plus qu’à notre avis, l’ajout de flaps en option serait bénéfique pour optimiser l’assiette du bateau et naviguer encore plus à plat.

Fiche technique

Longueur hors-tout
19, 69 m
Largeur
9,84 m
Tirant d'eau
1,15 m
Capacité carburant
4 000 l
Eau
1 050 l
Déplacement
lège : 31,5 t
Motorisation
2 x Volvo Penta 300 ch diesel
Puissance
2 x Volvo Penta 480 ch diesel
Vitesse maxi
20 nœuds (avec 2 x 480 ch)
Autonomie à
10 nds :1 200 milles
Architecte naval
Berret-Racoupeau Yacht Design
Constructeur
Fountaine Pajot (La Rochelle)

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