Présentation

Yacht Class n°17 (juin-juillet-août 2019)

Riva – Ferretti Group


Présenté aux prémices de la saison estivale 2018, le Dolcevita a fait sensation lors du dernier salon de Cannes. Fruit de la collaboration entre le fidèle designer de la marque, Mauro Micheli, et le bureau interne du chantier, ce 110 pieds a conquis les amateurs de luxe, de finition et d’habitabilité. Vaisseau-amiral de la marque lors de son lancement, il a mis le cap vers un succès plus que probable.


Texte : Alain Brousse – Photos : D.R


Dans sa conquête du marché des unités de 15 à 35 mètres, Riva continue de faire appel au bureau d’architectes et designers Officina Italiana Design, en l’occurrence Mauro Micheli, épaulé par Sergio Beretta. Ces derniers ont travaillé de concert avec le Ferretti Group Product Strategy Committee et l’Engineering Department, selon les règles de fonctionnement bien établies par le constructeur transalpin. Cette association de talents nous a offert une unité élégante dont l’empreinte génétique saute aux yeux : il s’agit sans nul doute d’un Riva avec, entre autres, sa robe métallisée et ses lignes si personnelles. Quant aux grandes surfaces vitrées « fumées », elles nous « éclairent » aussitôt sur deux des points forts du 110’ : capter le plus de lumière possible et offrir une vue mer souvent panoramique. De fait, aujourd’hui, les propriétaires de ce type de yachts souhaitent que la frontière entre les volumes intérieurs et les espaces extérieurs soit des plus discrètes.

Un flybridge aux dimensions avantageuses


Débutons notre visite « inspection » par les lieux dits « à ciel ouvert ». Honneur au flybridge dont les 100 m2 vont pouvoir se prêter à bien des loisirs à commencer par celui de dominer la mer sous une pluie d’UV, allongés sur l’un des transats ou calés dans l’un des sofas installés sur la terrasse arrière. L’heure du repas a sonné, utilisons le coin réservé à cet exercice gastronomique, à savoir une table, une banquette en U et trois sièges, le tout fixé à tribord sous un toit en partie vitré. Les plats, du moins ceux ne réclamant pas trop de préparation, seront servis rapidement depuis la cuisine-bar, se trouvant juste en face. Marine oblige, le plancher du fly est garni de lattes de teck, un équipement que nous retrouverons dans tous les espaces extérieurs dont le cockpit, 30 m2 dotés d’un salon avec une banquette confortable et une table basse, abritées par la casquette du fly. En installant une table haute et en rajoutant quelques sièges, on crée un deuxième lieu pour agapes avec vue panoramique, à fréquenter de préférence à l’occasion d’un mouillage forain. Enfin, en relevant le tableau arrière (fonction électrique), on découvre le garage qui libère une annexe de 5 mètres de long et un jet-ski, lequel se prolonge par une plate-forme de bains immergeable.
 

La très belle suite armateur


Avant d’embarquer à bord, le chantier nous avait prévenu, la « pièce maîtresse » est de toute évidence le premier espace du pont principal. De fait, on découvre un vaste salon baigné de lumière naturelle par des vitres latérales prenant naissance à moins d’un mètre du plancher et courant jusqu’au plafond. Ce dernier est recouvert de miroirs, ce qui sublime ce volume depuis lequel on jouit à presque 100 % du spectacle extérieur. Le tableau ne serait pas complet sans la salle à manger et sa table en verre capable de recevoir dix convives. A ce niveau, la baie vitrée latérale s’ouvre sur chaque bord afin de laisser l’air iodé agrémenter le repas, par exemple… Nous notons une décoration contemporaine dont on ne saurait trop reconnaître l’influence positive. Le palissandre verni des meubles se marie bien avec les autres matériaux comme la moquette tissée. Le plateau en verre de la table rend cette dernière presque aérienne. Reste la présence d’un écran TV d’au moins 50 pouces… sur pieds. On aurait préféré cet équipement escamotable, car considéré comme peu esthétique une fois en position « off ». En toute logique la cuisine principale se situe sur le même pont, et à quelques mètres de la salle à manger, avec un accès sur tribord. Elle dispose d’une vue mer et surtout d’un équipement complet pour combler un chef, étoilé ou non. L’avant du pont principal offre sa surface de 25 m2 à la suite armateur où les dressings et les rangements se font concurrence. Très agréable à vivre avec notamment un lit king size, elle serait encore plus conviviale avec une ouverture sur un balcon (à négocier avec le chantier). Le palissandre verni et la moquette tissée sont au rendez-vous… pour le meilleur. Un rapide retour à la cuisine pour emprunter l’accès direct au mess de l’équipage, un niveau plus bas, qui dispose d’un carré, d’une cuisine et de trois cabines (une simple pour le capitaine et deux doubles avec chacune un coin toilette-douche). Nous voici donc sur le pont inférieur où ont été aménagées quatre cabines assez spacieuses pour être affublées des acronymes VIP. Il va de soi qu’elles possèdent leur propre salle de bains avec douche indépendante.
 
En mer, des qualités indéniables


Le Riva Dolcevita 110 nous lance une dernière invitation, à savoir un essai sur une mer dont nous regretterons juste la paresse. Nous aurions aimé connaître les réactions de sa carène, un dessin récent du bureau d’architecture, dans des conditions « musclées ». Deux MTU 16V2000 M96L, développant chacun 2 638 ch, parfaitement installés dans une salle des machines à la propreté « clinique », n’attendent que nos ordres. Pour cela nous prenons d’assaut la timonerie principale du « main deck » pour découvrir un lieu très technique mais cependant stylé. Le pare-brise très incliné (design extérieur oblige) ne favorise pas une vue optimale sans pour autant altérer la sécurité en navigation. Dès les premiers milles, nous reconnaissons à cette unité des points intéressants : comme un niveau sonore satisfaisant, soit à 22 nœuds (2 150 tr/min) 73 dBA dans le salon et seulement 60 dans la master. Mieux sur le plan des performances : 15 secondes pour passer de 0 à 20 nœuds et une vitesse maxi de 26,8 nœuds avec les réservoirs de carburant et d’eau aux trois-quarts pleins. A 21 nœuds, le Dolcevita couvre allègrement près de 500 milles, soit deux allers retours de la « French Riviera » à la Corse. Et si le temps l’autorise, nous prendrons les commandes sur le fly, doté d’un poste de pilotage avec deux confortables fauteuils réglables. Riva peut s’enorgueillir d’avoir agrandi sa famille en accueillant un membre hautement « recommandable ». Ce 110 pieds a de quoi « agacer » la concurrence. A l’évidence, la marque italienne iconique poursuit sa marche conquérante.

Fiche technique

Longueur hors-tout
33,53 m
Largeur
7,27 m
Tirant d'eau
1,99 m
Capacité carburant
15 300 l
Eau
3 000 l
Matériau
polyester et composite
Déplacement
en charge : 147 t
Motorisation
2 x MTU 16V2000 M96L
Puissance
2 x 2 638 ch
Vitesse maxi
26,8 nds
Autonomie à
21,1 nds : 495 milles
Architecte naval
Officina Italiana Design et Ferretti Group
Designer extérieur
Officina Italiana Design et Ferretti Group
Designer intérieur
Officina Italiana Design et Ferretti Group
Constructeur
Riva - Ferretti Group (La Spezia – Italie)
Importateur
Monaco Boat Service (Monaco)

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