Présentation

Yacht Class n°29 (juin-juil-août 2022)

OTAM

Et la vitesse aussi ! Baptisé « Darth Vader » par sa propriétaire, ce dynamique open hard-top est une preuve supplémentaire du savoir-faire du chantier génois dans le domaine du custom. Mais, avec ce vaisseau, « la guerre des étoiles » est toute pacifique, et l’on s’imagine volontiers sauter d’une escale à une autre en un temps record pour savourer, tout à la fois, ses superbes qualités nautiques et l’art de vivre à son bord.


Texte : Philippe Leblond – Photos : DR

La beauté naît souvent de l’harmonie des proportions. Celles de l’OTAM témoignent d’un parfait équilibre. Ses lignes tendues et musclées traduisent bien sa raison d’être : tenir des moyennes très élevées, même dans la mer formée, pour des liaisons expresses entre marinas sélectes et mouillages de rêve. Autre raffinement, la réalisation sur mesure de cet exemplaire unique baptisé : « Darth Vader »… D’ailleurs, le chantier ligurien ne se plaît-il pas à répéter que chaque nouveau yacht sortant de ses ateliers est différent du précédent ?


L’autre star, c’est le sillage !


Construit en polyester renforcé Aramat (fibre de Kevlar), le 70 HT joue la carte de la légèreté et de la rigidité structurelle, pour viser une vitesse de pointe autour des 50 nœuds. Pour y parvenir, OTAM a fait appel à Umberto Tagliavini et à son PDG, Gianfranco Zanoni, ex-champion d’Offshore, auteurs d’une carène en V assez profond (21°), étudiée pour recevoir des Arneson Drive armées d’hélices de surface Rolla, couplées à deux MTU de 2 000 ch. Ces transmissions de surface ont l’avantage d’une poussée plus horizontale que des arbres conventionnels, se traduisant par un gain de 10 nœuds. A bonne distance du port de Cannes, le pilote pousse les accélérateurs électroniques tout en montant les trims… On est capté par les gerbes d’écumes arrachées à la mer par les hélices qui travaillent en semi-immersion. D’habitude, c’est la propriétaire qui pilote son puissant open. C’est tout à fait dans ses cordes puisque cette italienne fut la copilote du regretté Fabio Buzzi, célèbre champion d’Offshore. Pour les manœuvres, elle se contente d’un propulseur d’étrave, ce qui n’est pas du luxe car la manœuvrabilité n’est pas le fort des hélices de surface… Tandis qu’augmente le régime des moteurs, la vague d’étrave recule et s’atomise en gerbes efficacement défléchies par les bouchains inversés. Nous sommes maintenant pleins gaz (2 400 tr/min) et le gros clapot défile à pleine vitesse, soit 48 nœuds (40 en croisière), sans que le confort à bord ne s’en trouve altéré. L’impression de glisser sans effort est délectable. Nous enroulons maintenant quelques virages : l’aisance et la précision sont saisissantes, tandis que le panache d’écume suit la gîte intérieure prononcée du bateau. Précisons que l’armatrice a opté pour une réserve de carburant supplémentaire (7 000 litres au lieu de 5 000) pour plus d’autonomie, faisant l’impasse sur le garage à annexe. Selon le chantier, cet excédent de carburant coûte les deux nœuds qui manquent pour faire 50.


Un « one-off » en mode Star Wars


De retour au port, la propriétaire explicite l’identité de ce 70 pieds au profil conquérant et au nom qui ne l’est pas moins. « J’ai choisi le nom de Darth Vader, et la décoration à thème qui va avec, pour mon fils. C’est un fan inconditionnel de Star Wars ! » Sans être un vaisseau spatial, le 70 HT possède une silhouette qui nous projette dans le futur, avec ses lignes fulgurantes, les mêmes en un peu plus travaillées qui ont fait le succès de la gamme « Fast and Iconic » d’OTAM. Pour revenir à Star Wars, l’effigie de Darth Vader est présente en plusieurs endroits du bateau : tableau arrière, poste de pilotage, miroirs de la cabine propriétaire, et même dessus du hard top… Pas de doute, le fils de Madame doit être comblé !
L’ambiance à bord, résolument moderne, est aux antipodes du style « yachting classic » qui règne dans le 85 GTS essayé précédemment (Yacht Class n°22). Les vitrages de coque plus généreux, laissent entrer davantage de lumière, tandis que l’espace salon/timonerie est totalement clos, surmonté d’un hard top fixe. Dans ce cocon climatisé, composé, outre le poste de pilotage biplace, d’un grand canapé et d’un meuble-bar, les longues navigations se font à l’abri des éléments. Si on préfère le plein-air, on prendra place dans le lounge du cockpit avec vue à 180° sur le paysage. L’accès à la baignade est facilité par le portillon de cockpit qui donne sur l’immense plateforme. Pour se rendre sur le pont avant, il faudra emprunter les passavants dépourvus de balcon et de mains courantes – la pureté du dessin ne fait pas toujours bon ménage avec la sécurité ! La récompense est de s’allonger sur le grand solarium « flush deck » (pas en navigation !). Les cabines sont toutes logées au pont inférieur, la cuisine aussi. Celle de l’armateur, avec sa grande salle de bain, est située vers l’avant et jouxte un poste d’équipage à deux bannettes, logé dans l’étrave et avec accès par le pont. Les deux autres cabines, l’une avec lit double, l’autre avec un lit simple disposent chacune de leur penderie et de leur salle d’eau. Laques et chromes impeccables, meubles drapés de cuir sombre, marbre veiné et claustras en bois blond… Les contrastes rythment l’espace et la finition est irréprochable.
Nous laisserons la conclusion à Matteo Belardinelli, directeur commercial et communication d’OTAM : « Notre meilleure carte de visite, c’est un essai en mer ! » Notre avis n’est pas différent du sien…

Fiche technique

Longueur hors-tout
22,30 m
Largeur
5,40 m
Tirant d'eau
1,30 m
Capacité carburant
7 000 l
Eau
1 000 l
Matériau
Aramat/fibre de verre
Déplacement
à pleine charge : 54 t
Motorisation
2 x MTU ou 2 x Caterpillar
Puissance
2 x 2 000 ch ou 2 x 2 400 ch
Vitesse maxi
48 nds / 52 nds
Autonomie à
40 / 43 nds : 467 milles
Architecte naval
Umberto Tagliavini Marine Design
Designer extérieur
BG Design Firm
Designer intérieur
BG Design Firm
Constructeur
OTAM s.r.l. (Gênes – Italie)

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