Présentation

Yacht Class n°20 (mars-avril-mai 2020)

Monte Carlo Yachts – Groupe Beneteau


Ce modèle, qui lança la marque il y a neuf ans, vient de subir une cure de rajeunissement, sinon indispensable du moins bienvenue. Avec plus de lumière, plus de confort et plus d’ergonomie, le nouveau MCY76 apporte un réel plus dans le pur style Nuvolari Lenard.


Texte : Alain Brousse – Photos : D.R.


Voici donc la version « revisitée » et modernisée du 76′ qui, rappelons-le, fut le premier modèle lancé en 2010 par le chantier italien Monte Carlo Yachts, propriété du Groupe Beneteau. Pour l’anecdote, le champion de tennis Rafael Nadal, qui pratique le yachting de façon régulière, a possédé un MCY 76 (interview dans Yacht Class n°10). La version 2019 a, bien évidemment, été conçue toujours en étroite collaboration avec le cabinet d’architecture et de design vénitien Nuvolari Lenard qui, faut-il le préciser, reste le maître d’œuvre pour chaque modèle de la marque. On retrouve donc la silhouette typique des Monte Carlo Yachts avec notamment la couleur gris métallisé (coque et superstructures) surmontée du noir du hard-top renforcé en composite de carbone, facteur de légèreté et de robustesse. Mais, surtout sur le plan du design, on reconnaît aussitôt le « label » Nuvolari Lenard pour MCY : les hublots ronds dont les deux plus gros, accolés, sont ceux de la master. Et un Monte Carlo Yachts ne mériterait pas son patronyme sans son fameux salon de pont avant. Il appartient à son ADN.


Le « célèbre » salon du pont avant


De fait, cette partie extérieure est vite devenue l’un des atouts de ce modèle. L’espace au niveau de l’étrave se compose donc de deux salons latéraux en demi-lune avec assise et table réglable. Le tout se convertit facilement en solarium. Dépourvu de balcon, mais juste doté d’une sorte de main-courante, cela pour des raisons d’esthétique, ce lieu est déconseillé en navigation, à fortiori sur mer formée. En revanche, à l’arrêt, il a un fort pouvoir d’attirance. Tout comme d’ailleurs le fly dont les 30 m2 seront appréciés autant en marche qu’au mouillage, et même au port pour ceux qui n’apprécient pas plus que cela de s’installer dans le cockpit avec vue sur le quai et ses badauds. Pour autant l’incontournable et indispensable cockpit se révèle accueillant. A preuve, son ensemble table réglable en hauteur (plateau en teck), banquette et fauteuils pour six, voire huit passagers, le tout permettant bien évidemment de prendre des repas, le service étant facilité par la proximité de la cuisine principale aménagée, à bâbord, au centre de l’espace commun du pont principal. Le MCY se prévalant d’appartenir à la famille des flybridge, précipitons-nous vers l’escalier qui mène au sunbridge et ses 30 m2. Garnie de teck, cette surface est censée se consacrer aux loisirs. A commencer par la salle à manger extérieure (banquette et sièges pour six à huit convives) servant aussi de salon. On observe, en vis-à-vis, un meuble kitchenette pour la confection de mets simples et rapides. Placé tout à l’avant, comme il se doit, le poste de pilotage est décalé sur bâbord laissant sur tribord de l’espace occupé par une banquette (quart de cercle). Un hard-top en composite carbone se charge d’apporter l’ombre, mais il peut aussi s’ouvrir sur la moitié avant. Les aficionados des séances U.V annexeront la partie arrière de ce fly où trois transats les attendent. Dernier espace extérieur : la poupe qui n’offre pas de beach-club, son rôle premier étant de recevoir le tender et, une fois celui-ci est mis à l’eau, la plateforme de bains jouera son rôle premier. A vous les plongeons dans une eau… pourquoi pas, de couleur turquoise ?


Toutes les cabines sur le pont inférieur


Grâce à un système de plusieurs panneaux vitrés montés sur glissière, l’ouverture vers l’espace commun du pont principal est quasiment totale. L’on découvre tout d’abord un salon composé d’une banquette profonde (quatre passagers) installé sur bâbord, d’une table basse et de deux fauteuils face à face. Ce que l’on pourrait confondre avec une armoire sur l’entrée à tribord est en fait l’accès privé à la cabine skipper, soit deux couchettes et un coin toilette avec WC. Toujours sur le pont principal, à tribord, l’endroit idéal pour installer une table (au choix six ou huit convives) avec ses chaises. Et juste en face, se trouve la cuisine à l’américaine avec un plateau en marbre clair et l’équipement attendu pour préparer des repas de qualité, voire gastronomiques. Qui plus est, sa partie vitrée, entre les rangements en hauteur et son meuble bas, est la bienvenue. On note en effet un éclairage naturel particulièrement généreux dans ce volume qui abrite sur bâbord la timonerie principale dotée d’une banquette biplace. Le capitaine ne trouvera rien à redire en matière de visibilité sur 180 degrés. L’escalier qui se présente sur tribord avant descend vers le pont inférieur qui pour le modèle de notre essai possède quatre cabines. Commençons par celle réservée à l’armateur qui est centrale et « full beam » avec une surface de 15 m2, ce qui, compte-tenu du nombre de cabines, et de la longueur du bateau, est fort acceptable. Ajoutons à cela une salle de bain avec douche indépendante et un dressing. Cette master est équipée sur tribord d’un coin coiffure pouvant faire office de bureau et sur bâbord d’une banquette pour la lecture, par exemple. Vers l’étrave, a été aménagée une cabine VIP avec un lit double, deux rangements de type penderie et une salle de bain avec douche indépendante. Les deux twin disposent chacune d’une salle de bains. Selon les dires du constructeur, ce pont inférieur peut tout à fait être conçu différemment, soit avec trois ou seulement deux cabines, selon les souhaits de l’acquéreur.


Deux versions de moteurs


Le Monte Carlo Yachts 76 que nous avons testé durant le Cannes yachting Festival de 2019 était présenté dans sa version de base, soit deux diesels MAN V12 de 1 400 ch. On ne s’attendait donc pas à de vives réactions mais, toutefois, il est passé de 0 à 20 nœuds en 17 secondes, ce qui reste satisfaisant. La vitesse maxi enregistrée lors de l’essai s’est établie à 25,5 nœuds, soit un peu moins que celle souhaitée par le chantier. Pour les navigateurs pressés, une seconde motorisation est proposée, toujours avec des MAN, mais de 1 550 ch cette fois, qui devrait permettre au MCY 76, sinon de dépasser les 30 nœuds, du moins les atteindre. Sur mer calme, la carène s’est comportée de façon satisfaisante et le niveau sonore, à 2 000 tr/min, s’est avéré dans la norme : 70 dbA dans la master et 67,5 dbA dans le salon. Digne successeur du 76 phase 1, ce 76 phase 2, plus habitable et d’une ergonomie améliorée, a d’indéniables atouts, dont, selon nous, ses espaces extérieurs. La décoration et les dominantes « gris » sont le choix de l’armateur, mais force est admettre que ce dernier a du goût.

Fiche technique

Longueur hors-tout
23,06 m
Largeur
5,75 m
Tirant d'eau
1,85 m
Capacité carburant
5 000 l
Eau
900 l
Matériau
polyester et composite carbone
Déplacement
lège : 48 t
Motorisation
2 x MAN V12 diesel
Puissance
2 x 1 400 ch
Vitesse maxi
25,5 nds
Autonomie à
18 nds : 290 milles
Architecte naval
Monte Carlo Yachts
Designer extérieur
Nuvolari Lenard
Designer intérieur
Nuvolari Lenard
Constructeur
Monte Carlo Yachts (Monfalcone – Italie)

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