Présentation

Yacht Class n°23 (dec 2020/jan-fev 2021)

LOMAC


Texte : Philippe Leblond – Photos : Philippe Leblond & DR


Chose rarissime dans le domaine du semi-rigide, avec le GT 10.5 dernière version, le chantier italien propose depuis peu, à côté de la carène standard, une carène spéciale capable de supporter une paire des nouveaux V8 Yamaha XTO de 375 ch, des hors-bord à la puissance redoutable qui nécessitent un tableau arrière redessiné et renforcé. C’est ce tout nouvel ensemble que nous avons pu essayer à La Napoule. Premier modèle de la gamme GranTurismo, le GT 10.5, apparu il y a cinq ans, est une valeur sûre du marché du grand semi-rigide de croisière. A ce titre, il possède une vraie cabine avec un grand couchage double et un cabinet de toilette indépendant avec lavabo, WC et douche. La décoration à base de chêne clair cérusé et la présence de six hublots dont trois ouvrants rendent ce lieu de vie lumineux. A bord de ce type de bateau, on ne parle pas de dressing, mais quelques placards permettent de ne pas laisser les effets personnels dans les sacs de voyage. Comme pour certains modèles de la série Adrenalina, la couchette double (183 x 141 cm) peut se transformer en twins (183 x 45 cm). Cette volumineuse console-cabine s’inscrit au centre d’un plan de pont de type walkaround, avec de larges passavants de plain-pied qui permettent de circuler autour aisément. La circulation à bord reste un point fort sur le GT 10.5, à l’exception des plateformes de bain, plutôt exiguës et qui ne communiquent pas entre elles. Notons quand même le passage ouvert dans le dossier de la banquette arrière, à bâbord, du côté de l’échelle de bain et de la douchette, qui en facilite l’accès. Autre atout majeur de ce plan de pont, les deux solariums convertibles en autant de carrés. Ainsi autour de la grande table de la dînette arrière qui sort électriquement du plancher, il est possible de prendre place à huit ou dix sur la longue banquette en U, flanquée de la kitchenette nantie d’un frigo de 75 litres. Même cas de figure à l’avant, l’extension de solarium se transformant en table, permet à six convives de pique-niquer avec l’apport du siège qui se trouve sur l’extrémité du rouf de la cabine. Comme sur les Adrenalina, le socle polyester qui couvre le nez du bateau abrite le mouillage et le guindeau qui anime l’ancre à poste dans l’écubier d’étrave, et il y a aussi le taud de soleil qui trouve place en périphérie du dossier de banquette arrière, permettant ainsi de ne pas s’encombrer d’un arceau. Pour en terminer avec le tour du propriétaire, comment passer sous silence les attributs esthétiques de cette série limitée, à savoir le teck massif à joints clairs, l’éclairage de courtoisie et les leds sous-marines, et surtout la magnifique sellerie cuir, à motif matelassé, couleur tabac. Cuir que l’on retrouve en gainage des mains courantes inox.


Le punch des V8 japonais


En mer, les qualités dynamiques sont au diapason de l’esthétique du GranTurismo. Il y a déjà les performances, encore une fois de très haut niveau avec une pointe de vitesse qui casse la barrière des 50 nœuds : 55,4 exactement ! Le régime maxi est vite atteint, grâce au punch des V8 japonais qui font déjauger le GT 10.5 (plus de 5 tonnes en ordre de marche) en moins de 5 secondes et dont la poussée reste encore sensible au-dessus de 4 000 tr/min. Côté énergétique, la paire de Yamaha qui cumule 550 chevaux s’avère particulièrement sobre au régime de son meilleur rendement (0,44 mille/litre) avec seulement 47,5 litres/heure. Ce qui lui vaut de parcourir 223 milles sans ravitailler. Et en régime de croisière rapide, à 4 500 tr/min, le GT 10.5 dispose encore d’une autonomie de 137 milles, à 41 nœuds s’il vous plaît ! Mais, à notre avis, son rythme naturel s’établit à 3 000 tr/min, avec une vitesse de 27 nœuds et 210 nautiques d’autonomie. A la barre, on retrouve les grandes qualités nautiques de l’AD 10.5, mais en un peu moins réactif, avec un peu plus d’inertie et une moindre sensibilité au réglage de trim, due à son poids supérieur. En virage, même s’il est très sain et efficace, il est aussi un peu moins vif. Cela dit, sa nouvelle carène, homologuée pour les Yamaha XTO 375 procure un réel confort dans la vague, et pourrait sans doute supporter les XTO 425. Un super chase-boat par destination !



Performances :
Vitesse maxi : 55,4 nds à 5 500 tr/min avec 2 x Yamaha 375 ch
Vitesse de croisière rapide : 36,5 nds à 4 000 tr/min
Vitesse de croisière économique : 21,0 nds à 2 500 tr/min
Temps de déjaugeage : 4,9 secondes
Accélération de 0 à 20 nds : 4,2 secondes
Consommation au meilleur rendement : 47,5 l/h à 2 500 tr/min
Autonomie au meilleur rendement : 223 milles à 21,0 nds

Fiche technique

Longueur hors-tout
10,40 m
Largeur
3,51 m
Capacité carburant
560 l
Matériau
CR/CSM
Puissance
maxi : 2 x 375 ch (552 kW)
Constructeur
LOMAC

Le magazine actuel