Présentation

Yacht Class n°17 (juin-juillet-août 2019)

Lomac


A près de 60 nœuds, le relief marin défile très vite. Mais tout est sous contrôle à bord du plus grand des Lomac, tant son comportement est magistral. Sa silhouette capte le regard et sa cabine permet d’aller passer un week-end à l’écart du trafic, dans un mouillage de rêve. Tel quel, le nouveau Gran Turismo est un escort-boat diablement séduisant !


Texte et photos : Philippe Leblond


Nous avons découvert ce splendide semi-rigide lors des essais du nouveau Yamaha XTO, V8 qui développe 425 chevaux. Avec trois exemplaires de ce hors-bord, soit la bagatelle de 1 275 chevaux, le Gran Turismo 14.0 n’usurpe pas son nom, les milles à son bord défilant à un rythme presque irréel, sans qu’en soit altéré le confort des occupants. Si la silhouette est sportive, elle n’en demeure pas moins élégante, fluide, dénuée d’artifices, tirant parti de la jolie courbe formée par le pare-brise qui se prolonge en un hard top.


A 4 000 tr/min, les V8 ont encore du répondant


Trêve de contemplation, le moment est venu de faire parler les V8 ! Dès la première accélération, l’impression de puissance dégagée par les nouveaux Yamaha est phénoménale. En moins de 5 secondes, les 8 tonnes du Gran Turismo sont déjaugées et dévorent les flots vers le large, ajoutant des dizaines de nœuds comme on enfilerait des perles : 20, 30, 40, 50… Les trims sont déjà montés d’un cran depuis 4 000 tr/min. Une pression supplémentaire sur le bouton et le GPS fixe sa meilleure marque à 56,4 nœuds. L’antifouling éphémère qui nappe la carène doit coûter un ou deux nœuds de vitesse maxi. Lors des tests chantier (coque vierge de peinture) le GT 14.0 aurait atteint 58,9 nœuds avec trois personnes à bord (une de plus), mais moins de carburant (250 litres, au lieu de 750 lors de notre test). Question rendement, les nouveaux Yamaha font le job, avec 0,24 mille parcouru par litre consommé à 3 000 tr/min, soit à 25,5 nœuds. La consommation n’est plus alors que de 35 l/h par moteur. Voilà qui démontre l’efficience du XTO en dépit de son énorme cylindrée (5,6 litres).
Mais laissons les chiffres de côté pour dire notre plaisir de naviguer aux commandes d’un tel bateau. Sa carène, à l’image de celle des Adrenalina du même chantier, tutoie la perfection. Le « toucher de mer » est un régal avec un semi-rigide qui obéit instantanément aux sollicitations du pilote, que ce soit sur la barre ou les leviers accélérateurs. Même à 4 000 tr/min, lorsqu’on pousse à fond les commandes électriques du trio de Yamaha, la réponse est encore impressionnante ! L’inscription en virage est limpide, et le guidage jusqu’en sortie, d’une précision diabolique. Pour ajouter au plaisir, la chorale des gros V8 est à la hauteur, avec un grondement sourd et rageur dans les bas et moyens régimes suivis d’envolées lyriques lorsque le compte-tours grimpe vers la zone rouge. Après avoir apprécié la douceur de passage dans la vague, de retour au port, le pilote dispose de deux aides afin de réussir son accostage : propulseur d’étrave et Helm Master (joystick de manœuvres).


Deux solariums XXL pour les fans de séances UV


L’embarquement se fait via une passerelle en carbone à la fois esthétique, légère et pratique. La plate-forme de bain qui sert de support aux trois hors-bord, permet de passer d’un bord à l’autre. Le haut mât de ski facilitera les figures des amateurs de wakeboard. Connectée à un réservoir d’eau douce de 170 litres, la douche de pont peut aussi fournir de l’eau chaude (option). Le spacieux solarium arrière abrite une immense cale compartimentée. La découpe que l’on perçoit dans le teck, juste en avant de la banquette, n’est autre que la table de dînette, qui s’extrait du pont par la grâce d’un vérin électrique. On peut y prendre place à six ou sept adultes, pas davantage, ce qui est peu au regard des bateaux concurrents. Outre les réfrigérateurs, le bloc-cuisine dispose d’un évier avec planche à découper et d’une plaque de cuisson (option). La pointe avant avec son coqueron en polyester intègre le guindeau et son ancre sortant de l’écubier d’étrave. Bien entendu, ce dernier peut être manœuvré localement à l’aide d’une télécommande. Le grand solarium avant s’ajoute à celui de la poupe, pour porter la surface dédiée aux amateurs de farniente à près de 9 mètres carrés !


Un lit king size dans la cabine


Avant de descendre dans la cabine, attardons-nous au poste de pilotage… L’ergonomie de conduite offerte par le siège moelleux et enveloppant est très satisfaisante, qu’on barre debout ou assis. Les commandes électriques tombent bien sous la main droite, de même que les joysticks de manœuvre. Quant au tableau de bord, il est spacieux, intégrant côte-à-côte deux Garmin de 10 et 12 pouces. Un bémol toutefois : l’absence de vide-poches ! Via la porte coulissante, nous accédons à la cabine. Petite déception concernant les aménagements et la déco. Le GT 14.0 n’est pas aussi luxueux que certains de ses concurrents. Bien que l’on apprécie la présence de deux essences de bois, on aurait aimé quelque chose de plus cossu, ou de plus design… La hauteur sous barrots culmine à 1,78 m, idem dans la salle d’eau qui comporte une cabine de douche, un lavabo et un WC marin électrique relié à un réservoir d’eaux noires de 80 litres. Un long vitrage de console apporte un éclairage naturel abondant, mais on ne trouve pas de hublot ouvrant pour créer un courant d’air. La partie couchage profite elle aussi de bandeaux vitrés, et d’une couchette double au format king size : 205 x 195 cm ! De quoi laisser son yacht de côté pour une croisière en amoureux, sans trop avoir à se soucier des distances puisqu’à 25,5 nœuds, l’autonomie dépasse les 200 nautiques.

Fiche technique

Longueur hors-tout
13,64 m
Largeur
4,15 m
Tirant d'eau
0,80 m
Matériau
CR/CSM
Motorisation
3 x Yamaha 425 ch
Vitesse maxi
56,4 nds
Autonomie à
croisière : 155 milles
Constructeur
LOMAC

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