Présentation

Yacht Class n°18 (sept-oct-nov 2019)

Fountaine Pajot


Avec son Alegria 67, le chantier français Fountaine Pajot, fondé par des régatiers et coureurs au large, continue son formidable développement en lançant un navire-amiral performant, facile à mener, personnalisable dans ses aménagements et construit avec soin. Présenté sur les grands salons nautiques, son démarrage démontre qu’il a touché juste. Les raisons d’un succès.


Texte : Christophe Varène – Photos : DR


Oublier les trépidations et les excès de Miami. Profiter d’un vent de fraîcheur après les chaleurs floridiennes. Savourer le luxe d’un yacht haut de gamme. Au lendemain de la fermeture du Miami International Boat Show, l’opportunité se présente d’une sortie à bord du tout nouveau catamaran – et navire-amiral de la flotte – du chantier Fountaine Pajot : l’Alegria 67. Sagement amarré dans la marina à l’entrée de Key Biscayne, le bateau change de peau : vedette de l’un des salons les plus prestigieux de la planète, il se prépare à recevoir ses premiers hôtes en navigation. L’équipage s’affaire à le remettre en configuration croisière pendant que le capitaine fait un dernier point météo. Et la chance nous sourit : avec 20 nœuds de vent prévus, les conditions s’annoncent parfaites pour sentir vivre ce grand catamaran dessiné par le fameux cabinet d’architectes Berret Racoupeau Yacht Design.


De nombreuses commandes au tableau de bord


La manœuvre de départ du ponton peut s’avérer délicate : il faut sortir en marche arrière avec cette brise soutenue qui pousse de trois-quarts arrière et l’important fardage, inhérent à ce type d’unité, ajoute à la difficulté de l’exercice. Mais le jeune capitaine, bien épaulé par les deux membres d’équipage, se sort avec maîtrise et aisance de cette opération en utilisant, avec modération, les propulseurs d’étrave. Le plan d’eau, bien abrité, marque de légers signes d’agitation : un petit clapot se lève et la crête des vagues se colore d’écume. Décision est prise d’envoyer une voilure réduite : pas question de prendre le moindre risque avec un bateau ayant encore peu de milles à son actif et à la veille du démarrage de la saison de locations. Depuis le poste de navigation situé au flybridge, les winches électriques Antal XT 66 facilitent l’envoi de la grand-voile, étarquée au deuxième ris, et du génois déroulé en partie. Le tableau de bord présente de nombreuses commandes dont celles du chariot de grand voile : grâce aux fenêtres dans le hard-top, le barreur peut surveiller et gérer le réglage de son plan de voilure.
Quelques minutes ont suffit pour toutes ces opérations et, avec la « skyline » de Miami en toile de fond, imposant décor de gratte-ciels majestueux, l’Alegria 67 met aussitôt en avant ses performances véliques. Avec un vent apparent de 18,5 nœuds, les deux coques à étrave inversée fendent le clapot à plus de 9 nœuds et en lofant la vitesse continue d’augmenter pour dépasser les 10 nœuds à 60° du vent. Dans une belle risée à près de 30 nœuds, le répétiteur Garmin, fixé sur le mât et parfaitement lisible pour le barreur, affiche 11,5 nœuds. En reprenant un peu d’angle par rapport au vent, on gagne encore un nœud de vitesse. A la barre, l’Alegria 67 procure des sensations en se montrant réactif, une qualité que l’on aimerait retrouver sur d’autres grands catamarans. Signe aussi que l’ADN du chantier, créé par des régatiers et des coureurs au large talentueux, reste bien ancré, entre facilité d’utilisation et performance. Avant de retourner au port, après cette – trop – courte sortie, les deux moteurs Yanmar de 160 ch sont mis à contribution : à 1 800 tr/min, ils propulsent l’Alegria 67 à une confortable vitesse de croisière de 8 nœuds, voire un peu plus, pour moins de 20 l/h. Bien sûr, il est possible d’accélérer jusqu’à 10,5 nœuds, mais la consommation grimpe alors très vite et l’autonomie décroit dans les mêmes proportions.


Un pont avant avec sofas et jacuzzi


Chronique d’un succès annoncé, l’Alegria 67 ne possède pas que ses atouts en navigation – élégance, simplicité et vélocité – pour séduire une clientèle exigeante. Ses aménagements privilégient pour leur part le confort et l’agrément, en réservant à tous les niveaux des espaces de convivialité ou d’intimité. Le flybridge, par exemple, dispose, en connexion avec les deux postes de barre, d’un joli salon avec table basse, à l’ombre du hard-top où il fera bon se retrouver au mouillage pour des instants de détente, et de deux vastes solariums placés à l’arrière de cette terrasse pour s’adonner au culte du dieu soleil. Un coin cuisine et de nombreux rangements sont à disposition pour avoir toujours sous la main les accessoires indispensables pour ces moments privilégiés de partage. L’escalier qui mène au cockpit parvient à combiner esthétique et praticité : ses marches légères laissent le regard les traverser, tandis que les rambardes apportent un maintien sûr.
Le cockpit impressionne par ses dimensions puisque l’on y retrouve une grande table pour réunir entre 10 et 12 convives, un bain de soleil, une longue banquette arrière et un meuble abritant, entre autre, un réfrigérateur. La sensation d’espace se trouve accentuée grâce aux cloisons coulissantes – pour ne pas dire escamotables – qui réunissent l’extérieur et l’intérieur : on passe de l’un à l’autre sans y prêter attention, de façon naturelle. Les deux coques se finissent à la poupe par deux larges escaliers qui dévalent jusqu’à deux plages de bain au plus près de l’eau. Entre elles, une plate-forme hydraulique sert à la mise à l’eau de l’annexe qui repose sur son ber. En empruntant les larges passavants couverts de teck synthétique, habile compromis entre raffinement et gain de poids, et parsemés de capots flush deck, pour une circulation sans contrainte, on découvre le pont avant avec, là aussi, une configuration dédiée au plaisir des passagers. Entre les proues, la plate-forme avec son rostre central occupe davantage d’espace que les trampolines et présente, en léger contrebas, un salon avec banquettes accueillantes en vis-à-vis d’un jacuzzi.


Vaste, lumineuse, élégante, telle est la master


Le carré, sur cette unité conçue pour le charter, s’organise entre la cuisine côté bâbord, une grande table sur tribord et, à l’avant, un petit salon et le poste de navigation. Dans la version Lounge, la cuisine étant déplacée dans la coque bâbord, le salon occupe toute la partie gauche, avec un bar à l’avant, proche de la porte donnant sur le salon extérieur avant. Sur cet Alegria 67, on ne dénombre pas moins de cinq cabines dévolues aux invités, chacune possédant bien sûr sa propre salle d’eau. Celles situées au centre sont baignées de lumière par de longues baies dans les coques, pour une vue imprenable sur la mer, les deux de l’arrière, moins lumineuses, ayant un accès par l’extérieur, en arrière du cockpit. Deux postes équipage trouvent leur place dans les pointes. Le coup de cœur de l’Alegria 67 va sans nul doute à la suite armateur, dans la coque tribord. Vaste, lumineuse, élégante, elle présente un lit king size sur îlot, avec un salon bibliothèque à l’avant, et un dressing et une salle d’eau, avec double vasque, douche et toilettes séparées, à l’arrière. Avec un accès depuis le carré et un autre donnant sur le salon de pont à l’avant, elle se conçoit comme la pièce centrale de ce catamaran haut de gamme.
Qu’ils soient marins avertis en quête de performance et de plaisir en mer ou plaisanciers à la recherche de détente et de convivialité à bord, tous ceux qui ont la chance d’embarquer sur le nouvel Alegria 67 du chantier français Fountaine Pajot trouvent de quoi satisfaire leurs envies. Et pour s’ouvrir à toutes les clientèles, une version motor-yacht sera présentée au prochain salon de Miami, en 2020.


Yves de Kerangat Directeur Flagship


« L’Alegria 67 s’annonce comme un grand succès puisque nous en avons vendu 23 unités en 6 mois. Il y a donc une clientèle pour ces yachts de plus de 2 M €, en particulier pour la configuration charter. Le marché du catamaran est en pleine expansion et nous en profitons naturellement chez Fountaine Pajot, avec un chiffre d’affaires en hausse de 30 % sur chacune des quatre dernières années. Notre production se répartit aujourd’hui à 80 % sur les catamarans à voile, avec une croissance 20 % par an, et à 20 % pour la nouvelle gamme moteur, en hausse de 50 à 60 % chaque année. Nous devons donc accélérer notre rythme de production en investissant dans les hommes et les machines. Nous avons lancé un plan de recrutement et de formation de 140 personnes qui vont rejoindre nos 770 salariés. Nous possédons aussi une nouvelle usine dédiée à la découpe numérique pouvant être utilisée pour la réalisation des cloisons, de la menuiserie, mais aussi des tissus. Pour la satisfaction de notre clientèle, nous avons aussi ouvert un service pour gérer les options spéciales en post-production qui nous permet de répondre à 90 % des demandes. »


Fiche technique

Longueur hors-tout
20,39 m
Largeur
9,84 m
Tirant d'eau
1,7 m
Motorisation
2 x 110 ch
Capacité carburant
470 l
Eau
2 x 350 l
Matériau
fibre de verre
Déplacement
35 t
Surface de grand-voile
130 m2
Surface de génois
100 m2
Surface Gennaker
200 m2
Prix HT
1 840 798 €
Architecte naval
Berret-Racoupeau Yacht Design
Designer extérieur
Berret-Racoupeau Yacht Design
Designer intérieur
Berret-Racoupeau Design
Constructeur
Fountaine Pajot (La Rochelle)

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