Présentation

Extra Palumbo Superyachts

Yacht Class n°19 (dec 2019/jan-fev 2020)

L’irrésistible attrait de la poupe et son vaste espace farniente


En lançant ce 86 pieds, la marque Extra du groupe Palumbo Superyachts donne dans la tendance, soit une silhouette au look moderne mâtiné de style Explorer. Ce confortable quatre cabines possède un immense cockpit pour mieux vivre la mer.


Texte : Alain Brousse – Photos : DR


Un œil d’expert n’hésitera pas longtemps avant de citer l’auteur du design extérieur de ce 26 mètres qui attire bien des regards, nous avons nommé Francesco Guida. Ce dernier, en effet, avant d’offrir ses services au groupe italien Palumbo, avait déjà œuvré dans ce style qui se singularise par une poupe de type grande terrasse sur la mer. Les superstructures résolument modernes se veulent dynamiques et révèlent un penchant pour le type Explorer. Cependant il s’agit bien d’une unité totalement consacrée au loisir. Très attendu au dernier Cannes Yachting Festival, le 86 Fast, cul à quai, provoque une envie irrésistible d’appareiller. D’autant qu’il est très aisé d’embarquer par la plate-forme de bains hydraulique. Première impression une fois à bord : une largeur généreuse de 6,80 m, ce qui est rare sur un monocoque de cette longueur. D’où bien évidemment le gain d’espace dans le dernier tiers du 86 Fast.

L’efficacité des Volvo IPS

Malgré tout, notre priorité demeure l’essai en mer après une visite dans la salle des machines où sont alignés comme à la parade trois blocs diesels Volvo Penta reliés chacun à un pod IPS. Ce sont trois IPS1350 qui développe chacun 1 000 ch. De ce fait il faut savoir que les ingénieurs du motoriste suédois ont collaboré à la conception de la carène, sensiblement différente d’une coque propulsée par des lignes d’arbre et ou des v-drives. Cela dans le but d’obtenir le rendement optimal. Rappelons que le 86 Fast avoue 75 tonnes et qu’il a besoin de toute cette puissance et surtout de l’efficacité des doubles hélices contre rotatives de l’IPS. Nous prenons la mer avec le réservoir d’eau douce plein (1 500 l) et le réservoir carburant (8 000 l) à 80% de sa capacité. Ajoutons à cela une dizaine de passagers et cap vers le sud en prenant place au poste de commande du flybridge tout à fait central. De ce point dominant la vue est panoramique, au moins 200 degrés. Une fois les Volvo à la bonne température, nous cherchons le régime maxi, 2 400 tr/min pour filer 27 nœuds, une allure très respectable, cependant légèrement en deçà de la performance annoncée par le chantier : 30 nœuds. La carène, dans l’eau depuis un certain temps, aurait mérité d’être débarrassée des micro-algues et micro-coquillages qui s’ingénient à squatter les œuvres vives des bateaux et influent en négatif sur le coefficient de glisse. Sur la courbe de rendement nous retiendrons le régime de 2 000 tr/min pour la vitesse de croisière de 19,7 nœuds à laquelle l’autonomie se monte à 416 milles. Les amateurs de longues croisières étudieront l’option réservoir de carburant d’une capacité supérieure.

Une poupe de rêve

Retour obligatoire vers ce cockpit qui forme avec la plate-forme de bains une terrasse idéale au ras de l’eau. Il sera donc très prisé. L’annexe de 3,45 mètres de long de type Williams est à l’abri dans une sorte de garage sous le vaste solarium qui peut accueillir jusqu’à huit personnes. Ces mêmes passagers viendront ensuite autour de la table du cockpit pour le repas traditionnel du soir par exemple, abrités par la casquette du fly. Ne pas oublier le salon extérieur au dessus duquel on tend éventuellement une toile en cas d’U.V insistants. Il offre un immense sofa très confortable pour dix épicuriens. Soit donc au total près de 60 m2 garantissant une vue panoramique. Autre endroit qui aura ses aficionados, le pont avant bien défendu par un haut pavois et là aussi le programme demeure la décontraction soit sur la banquette quatre places soit sur le bain de soleil qui recouvre un « jacuzzi ». Envisager de s’installer à la proue durant des navigations par temps calme et même sur un plan d’eau formé n’a rien d’inconscient. Les inconditionnels du flybridge n’auront de cesse que de monter d’un niveau à condition de se souvenir que l’escalier qui y mène prend naissance dans la cuisine… il fallait y penser. En matière de fonctionnalité on peut trouver mieux. La surface du fly de ce 86 demeure limitée : 30 m2 où ont été installés sur l’arrière un salon avec banquette pour six passagers, une table et un bloc kitchenette et à l’avant devant le poste de pilotage un solarium aux dimensions suffisantes pour quatre à six personnes. A l’origine et pour des raisons de technique évidentes, ce 86 n’a pas été conçu avec un toit de fly. En revanche faire installer quatre piquets pour y placer une toile et ainsi obtenir l’ombre si précieuse l’été devrait être possible.

Des aménagements intérieurs parfois étonnants

Du fly on descend donc directement dans la cuisine du pont principal qui occupe la majeure partie de la largeur, hors passavants. Et là on se met à la place du maître queux qui officie face au cockpit, au choix avec la vitre électrique baissée ou relevée. Dans les deux cas il a vue sur les invités et réciproquement. A moins de commander une vitre sans tain. Sur le modèle exposé à Cannes, à savoir la version standard, l’espace commun du pont principal, auquel on accède par une petite coursive sur bâbord, ne possède pas de salle à manger dédiée. Nous sommes dans un immense salon. Cependant à tribord la table se règle et on peut tout à fait convertir cet endroit en un coin repas fort agréable. Il existe également à bâbord un sofa en demi cercle et sur tribord tout à l’avant apparaît de façon assez discrète la timonerie qui fait partie intégrante de ce lieu remarquablement éclairé par des baies vitrées latérales. Depuis la coursive bâbord un escalier descend vers le pont inférieur dont la surface (environ 100 m2) a permis une configuration avantageuse : soit quatre cabines passagers au centre du bateau et deux cabines équipage (quatre couchettes) à l’avant. En bas des marches, on découvre deux twin aux dimensions similaires ayant chacune à disposition une salle de bains avec douche indépendante. La cabine VIP est aménagée avec un lit oblique dont la tête se trouve contre le bordé bâbord et sur tribord on aperçoit une salle de bains complète (douche indépendante, lavabo, WC et bidet). La master, quant à elle, offre près de 20 m2 de confort avec une particularité qui peut surprendre. Les hublots rectangulaires de faible hauteur sont en haut du bordé, certes sur presque toute la longueur. On voit donc la mer dans la position debout mais allongé sur le lit, on se contente des panneaux laqués des nombreux rangements.

A l’instar de bien des chantiers, Extra, marque de Palumbo Superyachts, prend en considération les souhaits des futurs acquéreurs à condition qu’ils demeurent recevables. Ce yacht est donc « customisable » en certains points. Deux modèles sont déjà en construction, l’un ayant déjà été vendu, à la veille du Monaco Yacht Show.

Fiche technique

Longueur hors-tout
26,20 m
Largeur
6,80 m
Tirant d'eau
1,75 m
Capacité carburant
8 000 l
Eau
1 500 l
Matériau
polyester
Déplacement
75 t
Motorisation
3 x Volvo Penta IPS1350
Puissance
3 x 1 000 ch
Vitesse maxi
27 nds
Autonomie à
19,7 nds : 416 milles
Architecte naval
Francesco Guida
Designer extérieur
Francesco Guida
Designer intérieur
Francesco Guida
Constructeur
Extra Palumbo Superyachts (Ancône - Italie)
Importateur
Diffuseur : ISA Yachts (Monaco)

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